Neuf mois après le lancement d'un plan très attendu, mais critiqué, contre l'infertilité, le gouvernement a annoncé ce 3 novembre le lancement d'une campagne nationale d'information avec Santé publique France, destinée « aux femmes et aux hommes de 20 à 35 ans, qu'ils aient ou non un projet parental ». L’objectif : permettre à chacun de mieux comprendre les facteurs qui influencent sa fertilité.
Promis par le président de la République, Emmanuel Macron, il y a plus de deux ans mais longtemps resté lettre morte, un plan contre l'infertilité a été annoncé en février. Il prévoyait notamment de mieux sensibiliser sur ce sujet touchant plus de trois millions de personnes en France : message aux Français pour leurs 29 ans, campagne de communication fin 2026, site d'information… Mais face à des critiques d'associations et de professionnels jugeant la formulation du message intrusive ou infantilisante, le gouvernement a retouché sa copie.
Cette campagne s’accompagne ainsi d’un courrier remanié à destination des Français de 29 ans, qui recevront, d'ici fin novembre un message sur le portail de l'Assurance-maladie pour « les informer sur les enjeux liés à la fertilité et les possibilités de préservation », a annoncé le ministère de la Santé lors d'une conférence de presse.
Élargir l’autoconservation ovocytaire à tous les centres AMP
« Le but, c'est de sortir du tabou et de rentrer dans l'action », a déclaré à l'AFP le Pr Samir Hamamah, copilote du comité de pilotage sur la fertilité, qui a remis un nouveau rapport avec des propositions pour renforcer l’information, la prévention, l’accès aux soins, la qualité des parcours, le soutien à l’innovation et la recherche.
Enjeu croissant de santé publique, la lutte contre l'infertilité se heurte aussi à un bond des demandes de prises en charge depuis la loi de bioéthique de 2021 élargissant la PMA à toutes les femmes, ce qui a allongé les délais d'attente et poussé certaines patientes à se tourner vers l'étranger. En février, le ministère avait annoncé vouloir habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements pour congeler les ovocytes d'ici à 2028. « Trente nouveaux centres ont été déployés, portant à 70 le nombre total de centres autorisés », a affirmé le ministère.
Le comité de pilotage préconise d’aller plus loin en élargissant la possibilité d'autoconservation ovocytaire à l'ensemble des centres d'AMP publics et privés, une centaine au total. Le ministère a indiqué qu’il examinerait les modalités d'ouverture de nouveaux centres et annonce par ailleurs qu’un volet consacré à la fertilité sera intégré à Mon Bilan Prévention pour les 18-25 ans.
« Une nouvelle phase de travail » va désormais s'ouvrir pour « traduire ces propositions en mesures concrètes », indique le ministère, promettant une actualisation du plan national fertilité début 2027, à quelques mois des élections présidentielles.
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