Qu’elles soient administrées par voie systémique ou inhalées, les fluoroquinolones feraient courir le risque de survenue d’anévrysme ou de dissection aortique, en particulier chez les personnes âgées. Cette mise en garde de l’ANSM intervient à la suite de nouvelles données provenant d'études épidémiologiques et d'études non cliniques indiquant une augmentation du risque de survenue d'anévrisme et de dissections aortiques après traitement par des fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, fluméquine et ofloxacine).
Les études épidémiologiques rapportent un risque environ 2 fois plus élevé de survenue d'anévrisme et de dissection aortique chez les patients traités par fluoroquinolones administrés voie systémique par comparaison avec des patients ne prenant pas d'antibiotiques ou prenant d'autres antibiotiques tel que l’amoxicilline. Ce risque serait majoré chez les personnes âgées.
Sur un modèle de souris, une étude non-clinique a montré que la ciprofloxacine augmente la susceptibilité à la dissection et à la rupture aortique. Ce résultat est probablement en relation avec un effet de classe des fluoroquinolones similaire à celui impactant les tissus tendineux conduisant à un risque majoré de troubles tendineux.
Par conséquent, chez les patients présentant un risque de survenue d'anévrisme et de dissection aortique, les fluoroquinolones ne doivent être utilisées qu'après une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque et après prise en compte des alternatives thérapeutiques.
L'anévrisme et la dissection aortique sont des évènements rares, ayant une incidence d'environ 3 à 30 cas sur 100 000 personnes par an. Les facteurs de risque comprennent les antécédents familiaux d’anévrisme, la préexistence d’un anévrisme ou d’une dissection aortique, le syndrome de Marfan, le syndrome vasculaire d’Ehlers-Danlos, l’artérite de Takayasu, l’artérite à cellules géantes (ou maladie de Horton), la maladie de Behçet, l’hypertension artérielle et l’athérosclérose.
Depuis 2012, la HAS recommande un dépistage ciblé opportuniste unique (c’est-à-dire « qui ne sera proposé qu’une seule fois ») des anévrysmes de l’aorte abdominale chez les hommes âgés de 65 à 75 ans tabagiques chroniques actuels ou anciens. Et plus précocément chez les hommes âgés de 50 à 75 ans s’ils ont des antécédents familiaux.
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