Une vaste étude française apporte un argument massue pour contrer les rumeurs vaccinosceptiques. Les personnes ayant reçu un vaccin à ARNm au début de la pandémie Covid n’ont pas plus de risque de décès toutes causes que les non-vaccinées, affirme le groupement d’intérêt scientifique commun à l’ANSM et la Cnam, Epi-Phare à l’aide du système national des données de santé.
Une preuve supplémentaire de la sécurité de ces vaccins, largement utilisés dans le monde, au terme d’un suivi inédit de 4 ans. Car, même si de nombreuses études nationales et internationales ont déjà confirmé la très forte efficacité des vaccins à ARNm dans la réduction du risque d’hospitalisation et de décès par Covid-19, certains milieux antivax relaient l’idée fausse selon laquelle les vaccins à ARNm tueraient à bas bruit, sans que cela apparaisse clairement dans les données officielles. Les conclusions d’Epi-Phare sont publiées dans la revue Jama Network Open.
Outre des effets de réactogénécité locale et systémique, de résolution rapide après la vaccination, les effets indésirables rapportés jusque-là comptent « dans une moindre mesure, des cas de myocardite et d’anaphylaxie » mais « rares » et « non létaux sauf cas rarissimes », rappelle Epi-Phare dans un communiqué. Plusieurs études internationales avaient montré une réduction de la mortalité toutes causes, mais à court terme (quelques mois) après la vaccination.
Un risque de décès diminué de 25 % à 4 ans
Dans ce travail sur le profil de sécurité des vaccins à plus long terme, Epi‑Phare a évalué le risque de mortalité toutes causes à 4 ans chez les individus âgés de 18 à 59 ans vaccinés par au moins une dose de vaccin à ARNm (Pfizer-BioNTech ou Moderna) comparativement à des individus non-vaccinés. Ont été inclus 22,7 millions de personnes vaccinées entre mai et octobre 2021 et 5,9 millions de personnes non-vaccinées au 1er novembre 2021.
Au total sur 4 années de suivi, 98 429 décès toutes causes (sur 22,7 millions de vaccinés, soit 0,4 %) ont été observés chez les personnes vaccinées, contre 32 662 (sur 5,9 millions de non-vaccinés, soit 0,6 %) chez les non-vaccinés.
« Les individus ayant reçu au moins une dose de vaccin à ARNm présentaient un risque de décès toutes causes réduit de 25 %, comparativement aux personnes non-vaccinées », indique Epi-Phare dans un communiqué. Cette réduction du risque était observée pour les principales causes de décès étudiées, y compris les maladies cardiovasculaires et les cancers. Par ailleurs, la mortalité liée à au Covid-19 était réduite de 74 % chez les personnes vaccinées, « confirmant de nouveau l’efficacité de la vaccination contre les formes graves », est-il souligné.
Les principaux effets indésirables graves rares (myocardites, péricardites) ne remettent pas en cause l'intérêt de la vaccination, y compris chez l’adulte jeune. « On peut dire avec un grand degré de confiance qu'il n'y a pas d'augmentation du risque de mortalité après un vaccin Covid », conclut auprès de l'AFP le chercheur Mahmoud Zureik qui a supervisé cette étude.
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