C’est un virage alarmant qu’a pris la politique américaine en matière de santé avec le retour au pouvoir de Donald Trump, après un premier mandat marqué par une gestion déroutante de la pandémie de Covid. Les conséquences délétères affectent déjà les populations bien au-delà des seuls Américains.
Dans la foulée de son investiture, le président des États-Unis a signé plusieurs décrets, dont l’un vise le retrait du pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors qu’il en était jusque-là le principal contributeur financier. Cette décision s’est accompagnée d’un retrait du Règlement sanitaire international. Ont suivi le gel du Plan d’urgence pour la lutte contre le VIH/sida (Pepfar), le démantèlement de l’Agence pour le développement international (Usaid). Quelques mois plus tard, les États-Unis quittaient la table des négociations en vue d’un traité mondial sur les pandémies.
Un antivax au ministère de la Santé
Sur la scène intérieure, la nomination de Robert F. Kennedy Jr, notoirement vaccinosceptique, au ministère de la Santé, s’est soldée par des licenciements massifs dans son administration, notamment dans les services du ministère chargés de la réponse aux épidémies ou encore de l'approbation de nouveaux médicaments.
La recherche médicale et scientifique a été lourdement impactée. Le nouvel exécutif a sabré dans les subventions fédérales, avec des conséquences sur le financement des Instituts américains de la santé (NIH), pôle mondial de la recherche en santé. Illustrant les nouvelles orientations ministérielles, les travaux sur les vaccins à ARNm ont tout simplement été stoppés. La publication d’une liste de mots interdits dans les projets de recherche, dont le mot « femme », a contraint les laboratoires à réécrire leurs demandes de financement pour contourner l’interdiction.
À la fin de l’été, le limogeage de la directrice générale des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la Dr Susan Monarez, moins d’un mois après sa prise de fonction, a encore fragilisé l’édifice de la santé publique du pays, au point de faire réagir neuf anciens directeurs de la principale agence fédérale sanitaire. La main mise sur les autorités sanitaires du pays se traduit en acte par un recul des recommandations vaccinales chez les enfants.
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