Comment assurer à tous les patients en France un égal accès à une thrombectomie en urgence à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ? Cette question est au cœur d’une vaste réflexion menée sous l’impulsion de la Société française neurovasculaire (SFNV) et d’autres sociétés savantes, de neuroradiologie (SFNR), de radiologie (SFR), de médecine d’urgence (SFMU), d’anesthésie-réanimation (Sfar), de neurochirurgie (SFNC et SFNLF) et de neurologie (SFN). En mai, ces sociétés savantes ont présenté des propositions visant à garantir un accès plus rapide et sécurisé à la thrombectomie afin de réduire les conséquences des AVC et des handicaps associés.
« Tout ce travail se fait en lien avec le ministère de la Santé. Nous avons d’ailleurs adressé un courrier à Marisol Touraine pour lui présenter ces propositions », indique le Pr François Chollet.
140 unités neurovasculaires
Aujourd’hui, la prise en charge en urgence des AVC se fait dans les 140 unités neurovasculaires (UNV) déployées sur le territoire. « Ces structures regroupent des équipes pluridisciplinaires mais n’ont pas toutes le même niveau d’équipement, ni d’expertise. Elles peuvent bien sûr faire des thrombolyses IV mais seule une petite partie de ces 140 UNV peut ensuite faire des thrombectomies si nécessaire. Il s’agit des UNV de référence qui sont adossées à des CHU capables de faire de la neuroradiologie interventionnelle », souligne le Pr Chollet.
S’appuyer sur l’existant
Les UNV, qui ne sont pas situées dans des villes de CHU, doivent donc identifier les patients éligibles à la thrombectomie puis assurer un transfert rapide du patient vers l’UNV de référence. « Quand les distances ne sont pas trop longues, c’est une solution qui fonctionne bien. Mais quand l’UNV est à 100 kilomètres, il faut une heure ou une heure et demie de transfert, ce qui n’est pas optimal », précise le Pr Chollet.
L’objectif des sociétés savantes est d’abord de s’appuyer sur l’existant et sur le renforcement des UNV actuelles. « Dans 20 ans, toutes les UNV de France seront peut-être capables de réaliser elles-mêmes des thrombectomies. Mais à court et moyen termes, ce n’est pas envisageable. Pour faire de la thrombectomie, il faut avoir des praticiens formés et avec une certaine pratique. On ne peut pas imaginer ouvrir, par exemple, un centre de thrombectomie dans une UNV qui prend en charge 30 patients thrombolysés par an, soit 15 thrombectomies possibles… », explique le Pr Chollet.
L’idée des sociétés savantes serait d’envisager un système d’extension des centres de thrombectomie, au cas par cas, notamment quand le délai de transfert est supérieur à 90 minutes. « Cette extension se ferait de manière progressive et en formant les praticiens », indique le Pr Chollet, en ajoutant que la télémédecine n’est pas réellement une solution dans le cas de la thrombectomie. « On utilise déjà la télémédecine pour prendre certaines décisions un peu compliquées de transfert. Dans ce cas, la décision est partagée entre les deux examinateurs. Mais ensuite pour faire une thrombectomie, il faut bien avoir de la neuroradiologie interventionnelle », souligne le Pr Chollet.
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