Le monde n’agit pas suffisamment pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, selon le nouveau rapport de l’OMS « Analyse mondiale de la situation dans les pays : réponse à la résistance aux antimicrobiens », publié hier. Le rapport, incluant 133 pays, rend compte de l’évaluation par les gouvernements de leur action, entre 2013 et 2014, contre la résistance aux antimicrobiens utilisés pour traiter des maladies comme les infections sanguines, la pneumonie, la tuberculose, le paludisme et le VIH. Il pointe du doigt des « lacunes majeures au niveau des actions » dans les six régions de l’OMS (Africaine, Amériques, Méditerranée orientale, européenne, Asie du Sud-Est, Pacifique occidental). « C’est le plus grand défi à relever aujourd’hui dans le domaine des maladies infectieuses, a déclaré le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général pour la sécurité sanitaire à l’OMS. Tous les types de micro-organismes, dont de nombreux virus et parasites, deviennent résistants aux médicaments. Le développement de bactéries de plus en plus difficiles à traiter avec les antibiotiques est un problème préoccupant et particulièrement urgent. On observe le phénomène dans toutes les régions du monde, de sorte que les pays doivent agir pour combattre cette menace mondiale. »
Sur-utilisation des médicaments et sensibilisation du public insuffisante
Parmi les pays ayant participé à l’enquête, seuls 34 pays possèdent un plan national complet pour lutter contre l’antibiorésistance. Dans la plupart des régions du monde, « l’insuffisance des capacités des laboratoires, des infrastructures et de la gestion des données empêche une surveillance efficace susceptible de révéler l’apparition de résistance et d’identifier des tendances et des flambées », note l’OMS. Des problèmes tels que la vente libre d’antibiotiques sans ordonnance est encore trop répandue et accroît le risque de surutiliisation des médicaments antimicrobiens. Certaines régions ne présentent pas de guides thérapeutiques normalisés, l’abus d’antibiotique, le mauvais dosage ou une mauvaise qualité du médicament, accentuant l’émergence de la résistance aux antibiotiques. D’autres conclusions du rapport révèlent que la sensibilisation auprès du public est également insuffisante, même au sein de pays où des campagnes nationales de sensibilisation ont été menées. En effet, le public persiste à croire que les antibiotiques sont efficaces contre les infections virales.
Nouveau plan d’action mondial présenté en mai
Les États membres examineront un nouveau plan d’action mondial sur la thématique en mai prochain à Genève. Ce plan se décline en cinq objectifs stratégiques : améliorer la sensibilisation et la compréhension de la résistance aux antimicrobiens, acquérir des connaissances par les systèmes de surveillance et de la recherche, afin de réduire l’incidence de l’infection et d’optimiser l’utilisation des antibiotiques et, enfin, assurer un investissement durable dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. « S’il y a de nombreux points encourageants, il faut en faire davantage pour combattre l’une des plus graves menaces pour la santé mondiale à notre époque », a expliqué le Dr Fukuda
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