« Je veux que plus jamais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’ait à faire face à une situation à laquelle elle n’est pas préparée et pour laquelle elle ne dispose ni du personnel, ni des financements, ni de l’administration nécessaire », a déclaré Margaret Chan, lors de 68e édition de l’Assemblée mondiale de la santé, qui se tient cette semaine à Genève, du 18 au 26 mai.
Le directeur général de l’OMS n’évoque pas ici le tremblement de terre au Népal – pour lequel l’OMS a coordonné les efforts de 150 organisations humanitaires et de 130 équipes médicales étrangères autonomes – mais fait référence à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest.
L’OMS a été poussée dans ses retranchements et a dû accélérer le rythme des réformes. « Les demandes ont été dix fois supérieures à ce que l’organisation avait connu en 70 ans d’existence », a précisé Margaret Chan, tout en saluant les récents progrès enregistrés, notamment la fin de l’épidémie décrétée au Liberia le 9 mai. « J’ai pris des décisions », a-t-elle lancé aux 3 000 délégués de 180 pays, qui a annoncé la mise en place d’un nouveau programme. L’objectif est de renforcer la réponse aux urgences sanitaires et la rendre « plus souple, plus efficace et plus rapide », avec des interventions possibles dans les 24 à 48 heures, et non dans un délai de quelques mois, comme cela a été le cas au cours de l’épidémie d’Ebola.
Des mesures avant la fin de l’été
Le programme devra être mis en place avant la fin de l’année. Parmi les mesures présentées, la responsable de l’OMS a évoqué des indicateurs plus clairs et précis, de nouvelles procédures visant notamment à engager et former du personnel d’urgence. Margaret Chan a par ailleurs proposé un budget en hausse de 10 % pour les années 2016 et 2017, soit 4,4 milliards de dollars (3,89 milliards d’euros) au total pour deux ans. Près de 236 millions doivent servir à renforcer les capacités de préparation, de surveillance et de réponse de l’agence de l’ONU en cas d’urgence sanitaire.
Peu avant son intervention, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré être convaincue que « si nous agissons plus vite et si nous avons une structure de commandement claire en place, nous serons mieux équipés pour combattre une crise du type de celle d’Ebola la prochaine fois qu’elle se produira ».
La lutte contre la résistance aux antibiotiques et contre les maladies négligées figurent au programme de cette 68e assemblée, qui dessinera les objectifs post-2015.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention