En établissement de santé

DPC au cœur de l’exercice

Publié le 17/10/2013
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LA NOUVELLE VERSION du Guide de bon usage des examens d’imagerie médicale, sortie en janvier, peut-elle être un outil de Développement professionnel continu (DPC). « Le DPC vise principalement, via la formation et l’évaluation, à améliorer les pratiques médicales. Dans ce contexte, il est évident que ce Guide, véritable référentiel de bonnes pratiques, a toute son utilité pour service de base à l’élaboration de programmes de DPC », indique le Pr Guy Moulin.

Selon lui, le Guide peut, par exemple, être utilisé pour concevoir la partie « analyse des pratiques » des programmes de DPC. « Aujourd’hui, chaque établissement hospitalier peut faire une demande d’agrément pour devenir ODPC, c’est-à-dire un organisme habilité à proposer des programmes de DPC. Au sein d’un hôpital, le volet « évaluation » des programmes de DPC, analyses de pratiques, revues de morbimortalité ou réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP), fait désormais partie intégrante des pratiques professionnelles de terrain », explique le Pr Moulin. Ainsi la démarche permet d’intégrer dans les mêmes programmes de DPC qui visent à l’amélioration de la qualité des soins, à la pertinence des examens d’imagerie, ou au respect des mesures de radioprotection des professionnels et des patients, tous les professionnels, y compris les manipulateurs en radiologie, eux aussi soumis à l’obligation de DPC. La cible du guide est aussi bien l’ensemble des équipes d’imagerie que les correspondants prescripteurs d’examens.

Le Pr Moulin précise aussi que des programmes peuvent être élaborés en collaboration avec les sociétés savantes, comme la Société Française de Radiologie (SFR). C’est pourquoi une charte a été signée en septembre entre les Conférences nationales de présidents de CME et la Fédération de spécialités médicales (FSM) qui, aujourd’hui, rassemble 45 spécialités médicales et chirurgicales. Avec cette charte, les deux parties expriment la volonté de « favoriser la mise en place de programmes de DPC qui permettent la valorisation d’actions d’analyses des pratiques dans les établissements de santé ».

Avec cette charte, la FSM s’engage à inciter les organismes de DPC de spécialité à « élaborer chaque année des programmes spécifiques « exercice en établissement » dans lesquels l’activité cognitive qu’ils auront définie et organisée, devra être articulée avec une activité d’analyse des pratiques réalisée dans un établissement de santé ». De leur côté, les CME doivent mettre en place une organisation qui leur permette de se « porter garantes de l’engagement des médecins dans les démarches d’analyses des pratiques en respectant les méthodes et modalités publiées par la HAS ».

Selon le Pr Moulin, cette charte permet pour les médecins « une reconnaissance mutuelle à la fois de la partie formative, qui est plutôt du domaine des sociétés savantes et de la partie évaluative, qui concerne plutôt les établissements de santé ».

D’après un entretien avec le Pr Guy Moulin, chef du service de radiologie de l’hôpital de la Timone, président de la Commission médicale d’établissement (CME) de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et président de la Conférence des présidents de CME de CHU.

 ANTOINE DALAT

Source : Bilan spécialistes