Radiologie interventionnelle

Eveillez le thérapeute qui est en vous !

Publié le 16/10/2014
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Crédit photo : PHANIE

Plus de un demi-million d’actes de radiologie interventionnelle sont réalisés chaque année en France. Cela comprend l’ensemble des actes médicaux invasifs ayant pour but le diagnostic et/ou le traitement d’une pathologie et réalisée sous guidage et sous contrôle d’un moyen d’imagerie (rayons X, ultrasons, scanner, IRM).

Née de la radiologie diagnostique, la radiologie interventionnelle fait partie intégrante de l’activité quotidienne du spécialiste en imagerie. Les actes se déclinent en trois niveaux, définis par la Fédération de radiologie interventionnelle (FORIR). Le niveau 1 concerne essentiellement les actes de biopsies, pratiqués par tout radiologue polyvalent ; le niveau 2 concerne des actes intermédiaires réalisables au sein d’une structure de radiologie interventionnelle intégrée au plateau d’imagerie (drainages, embolisations, infiltrations).

La formation des jeunes radiologues à l’interventionnelle se fait au travers d’un enseignement national organisée par le Collège des enseignants de radiologie de France (CERF) et de leur apprentissage quotidien dans les services. « Au terme de sa formation initiale,l’interne a appris ces gestes, s’est perfectionné et aborde son statut de spécialiste en étant autonome pour tous les actes de niveau 1 et certains actes de niveau 2 », explique le Dr Olivier Naggara (Sainte-Anne et Necker, Paris).

Peu d’exposition des internes

Quant au niveau 3, il concerne les actes complexes réservés aux structures spécialisées : ablations tumorales, cimentoplasties, traitement d’un anévrisme intracrânien ou encore de la prise en charge endovasculaire d’un AVC ischémique (thrombectomie) chez un patient qui ne peut bénéficier du traitement par fibrinolyse.

« Les médecins en formation sont moins exposés à ces procédures lors de leur formation initiale, explique le Dr Naggara ; ils peuvent avoir des réticences à s’investir dans un domaine qui leur semble hyperspécialisé, d’exercice principalement hospitalier, ou trop éloigné de ce qu’ils imaginent de leur pratique future. Il faut essayer d’intégrer une exposition à ces actes tôt dans leur cursus de formation pour qu’ils les découvrent et ne s’en détournent pas d’emblée, parfois par a priori non fondés. Il faut former les jeunes radiologues à des actes de niveaux 1 et 2, c’est certain, mais garder à l’esprit que les besoins en acte de niveau 3 vont augmenter dans les prochaines années, tant en cancérologie que dans le domaine des pathologies cardiovasculaires ».

Il faut également que les médecins en formation sachent que la pratique mixte, diagnostique et interventionnelle, au sein d’une spécialité d’organe, prédomine largement en France. Cette conception, à rebours de la vision anglo-saxonne, donne au radiologue interventionnel une compétence et une activité suffisante en imagerie diagnostique pour permettre une prise en charge globale des patients qu’il doit traiter. Elle fait ainsi du radiologue un interlocuteur central, tout à la fois diagnosticien et thérapeute.

Entretien avec le Dr Olivier Naggara, service de neuroradiologie diagnostique et interventionnelle, centre hospitalier Sainte-Anne et service de radiologie pédiatrique, hôpital Necker Enfants Malades (Paris)

Dr Brigitte Martin

Source : Bilan spécialistes