Vincent Barrau, installé dans le privé

« Je consacre 95 % de mon temps de travail au soin »

Publié le 16/10/2014
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Crédit photo : DR

LE QUOTIDIEN : Peut-on, selon vous, opposer le privé et le public en matière de prise en charge radiologique ?

Vincent Barrau : Je ne pense pas. Actuellement, les cliniques ayant une activité de radiologie ont tendance à se regrouper : la majorité des structures privées prennent ainsi en charge les maladies chroniques, mais aussi les pathologies aiguës, comme dans les grosses structures hospitalières. C’est le cas au Centre Cardiologique du Nord (CCN), à Saint-Denis, où les patients ont accès à un plateau technique de pointe.

L’organisation d’un service de radiologie dépend surtout des médecins qui y travaillent et de l’équipement. Le meilleur radiologue au monde ne peut rien sans machines performantes. Pour ma part, je n’ai pas fait mon choix en fonction du public ou du privé. J’ai décidé de travailler au CCN avant tout parce que l’équipe et le mode fonctionnement me plaisaient. C’est une histoire de rencontre qui a débuté lors de mes remplacements en tant qu’interne. Quand j’ai su, en 2006, qu’un poste se libérait, je n’ai pas hésité à rejoindre la structure.

Quelles sont vos missions actuelles au CCN ?

Ma mission est essentiellement médicale (à 95 %). J’exerce des vacations de scanner et d’IRM. J’ai également une mission d’expertise. En effet, nous sommes une équipe de 11 médecins associés, chacun ayant sa propre spécialité parmi les suivantes : radiologie ostéo-articulaire, cardiovasculaire interventionnelle, radiologie de l’abdomen et neuroradiologie.

Outre mon activité de radiologie générale, une part importante de mon activité est donc spécialisée : au CCN, je suis le référent pour toutes les questions relatives à la radiologie de l’abdomen (pathologies hépatiques, biliaires et digestives, cancérologie). Par exemple, un confrère (non spécialiste de l’abdomen) ayant réalisé –au sein du CCN ou dans un autre établissement– un scanner compliqué de l’abdomen, difficile à interpréter, peut me le présenter afin d’obtenir un avis.

Le fonctionnement du CCN est similaire à celui des CHU où chaque médecin, au sein du service, possède sa propre spécialité. Cette expertise nous permet d’avoir une vision globale de notre spécialité pour mieux renseigner et orienter le patient. Je travaille, essentiellement, en interaction avec des gastro-entérologues et des chirurgiens hépatiques.

Quel est l’intérêt, pour vous, de travailler au CCN ?

Je me suis installé au CCN pour deux raisons. Tout d’abord, la qualité humaine et médicale de l’équipe dont chaque membre détient une expertise propre. Nos échanges et nos partages d’expériences concernant les patients sont très stimulants du point de vue intellectuel. La qualité du management est également exceptionnelle. C’est un médecin de notre équipe qui gère le service de radiologie : il s’occupe des missions administratives. Cela nous permet de nous concentrer sur nos missions médicales. Au CCN, les choix stratégiques (équipement, collaborateurs, personnel paramédical) sont toutefois effectués de façon collégiale, par tous les médecins de l’équipe.

L’organisation du planning nous permet, en outre, de participer à une activité hospitalière. Au sein de l’équipe, tous les radiologues consacrent une journée par semaine à l’hôpital. Nous participons aussi à la permanence des soins. Nous privilégions l’accès aux soins (secteur 1) et à un plateau technique d’excellence, à Saint-Denis, où une bonne partie de la population est défavorisée. En cas de surcroît d’activité, les hôpitaux nous adressent aussi des patients.

Je travaille, par ailleurs, une journée par semaine à la Clinique du Landy (Saint-Ouen) où je fais de la coloscopie virtuelle et de l’entéroscanner. Car notre équipe assure également la réalisation d’examens de radiologie, d’échographie et de scanner sur le site de cette clinique.

Le CCN est doté d’équipements de pointe (scanner Révolution, IRM 3 Tesla…). Cela a-t-il également motivé votre choix d’installation ?

Oui, tout à fait. Outre les qualités de l’équipe, la performance des machines a également été un élément décisif dans mon choix de poste. Au CCN, nous bénéficions de partenariats avec les industriels qui nous permettent de tester des équipements dernier cri. Nous sommes, par exemple, les premiers au monde à offrir aux patients le scanner Révolution (à très faibles doses d’irradiation). Nous changeons nos machines tous les cinq ans, environ. Lorsque nous les recevons, elles sont certes validées par les industriels mais elles ont besoin d’être développées d’un point de vue clinique. Les ingénieurs attendent un retour de la part des médecins pour connaître, notamment, les fonctionnalités à améliorer. Nous testons également des logiciels de radiologie pour les industriels. Cette expérimentation nous permet d’être à la pointe de notre discipline.

Vous exercez aussi votre activité dans le public un jour par semaine. Quelles sont vos missions hospitalières ?

À l’hôpital Beaujon (Clichy), je fais de la radiologie interventionnelle depuis une dizaine d’années, essentiellement de la radiofréquence hépatique permettant de traiter des tumeurs du foie par voie percutanée. Je participe également aux réunions pluridisciplinaires du service de gastro-entérologie de l’hôpital Avicenne (Bobigny) : j’ai un rôle d’expertise pour les dossiers de patients ayant effectué des radiologies de l’abdomen.

Le fait d’avoir un pied à l’hôpital me permet de garder le contact avec mes confrères hospitaliers, de pouvoir échanger avec eux sur les dossiers complexes. Je suis content de pouvoir tisser des liens forts avec les hospitaliers, tout en consacrant la majeure partie de mon temps à mon activité au CCN. Dans l’idéal, j’aimerais toutefois avoir davantage de temps pour faire de la recherche et travailler au contact d’internes. Nous venons, d’ailleurs, d’ouvrir notre tout premier poste d’interne en radiologie au CCN.

Hélia Hakimi-Prévot

Source : Bilan spécialistes