LA RÉGION, par sa légitimité démocratique, est le meilleur lien entre les citoyens et les décideurs de la politique sanitaire. Voilà l’une des raisons qui a fait de Paca (Provence - Alpes-Côte d’Azur) la région pilote de la santé participative, qualificatif décidément d’actualité. La revue « Sève – Les tribunes de la santé » présente dans un article l’expérience de la région Paca dans ce domaine. Pour Michel Vauzelle, président PS de la région depuis 1998, l’objectif n’est pas de «positionner la région en tant que gestionnaire de santé… où l’Etat doit conserver son rôle primordial. La collectivité régionale a vocation à constituer l’organe politique, qui fait défaut aujourd’hui, de synthèse et débat en matière de santé, rôle qu’elle joue en matière d’aménagement du territoire et de formation».
Dans un système de santé que le Haut Comité de santé publique qualifie de «balkanisé», les populations ont du mal à comprendre la pluralité et la complexité des organes de décision. Pour plus de démocratie sanitaire, le conseil régional Paca décide d’entrer dans un champ qui ne relève pas de ses compétences. « Nombre de problèmes de santé publique n’appellent plus de réponses strictement médicales. Les frontières artificielles qui séparent traditionnellement le champ de la médecine de ceux de l’action sociale, de l’éducation, de la justice ou de l’économie sont en train de se désagréger», explique Guillaume Thiérot, économiste de formation, conseiller technique de Michel Vauzelle et auteur de l’article « Peut-on en effet promouvoir le développement économique sur notre territoire (compétence régionale) sans nous soucier des risques et des maladies professionnels ? ».
Mais la région ne crée pas son propre système de santé. Les interventions se concentrent autour de l’information, de la veille, de la prévention des conduites à risque et de l’éducation pour la santé. La collectivité n’ayant pas de moyens internes pour ces domaines, les partenaires sont nombreux pour faire progresser l’information. Il s’agit, par exemple, de l’Etat, de centres de ressources santé de la région, comme l’ORS (observatoire régional de la santé) ou le Crips (centre régional d’information et de prévention du sida) et de projets citoyens. «Toutes les actions que mène la région ont été construites sur la base d’échanges, de colloques, de rencontres en tout genre. Très souvent, ces rencontres ont mis face-à-face les professionnels, les associations et les personnes intéressées elles-mêmes», souligne G. Thiérot, pour qui «l’intrusion de la région» dans le champ sanitaire est légitimée par «l’émergence d’une santé participative». Les dernières lois n’ont pourtant pas l’air d’aller dans ce sens.
Revue « Sève », n° 12, automne 2006, dossier « Régions et santé », Editions de santé (www.editionsdesante.fr) et Presses de Sciences-Po. Le numéro : 35 euros, abonnement pour un an (4 numéros), 120 euros.
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