MSP, régulation libérale

L'Alsace met le turbo sur l'accès aux soins

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Publié le 19/11/2018
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Crédit photo : AFP

La région Grand Est se mobilise pour améliorer l'accès aux soins et désengorger ses urgences grâce aux nouvelles technologies.

À l'occasion de la journée annuelle de la fédération des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) alsaciennes (Femalsace), les professionnels de santé ont fait le point. Dans le Grand Est, 112 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) sont ouvertes et 69 autres sont en projet. Avec neuf structures au compteur, l’Alsace fait office de petite dernière. Pour combler ce retard, les élus locaux et régionaux alsaciens souhaitent soutenir plus activement la création de nouvelles structures libérales, ce dont se félicite la fédération. « Pendant longtemps, ils n'ont pas eu conscience des besoins en MSP et vivaient dans l’idée que l’Alsace échappait aux déserts médicaux », résume le Dr Pierre Tryleski, qui exerce à Strasbourg. Le président de la région, le Dr Jean Rottner, vient d'annoncer un soutien accru pour les MSP alsaciennes. Et à Thann, le maire a décidé de garantir les loyers de la future maison de santé de la ville, au point mort depuis près de dix ans, notamment pour des raisons immobilières. 

Mieux réguler en ville

Présidente de la branche médecins libéraux de l’URPS Grand Est, le Dr Guilaine Kieffer-Desgrippes a présenté les travaux de sa structure au profit de la coordination et de la permanence des soins. Pour améliorer l'accès aux soins, l’URPS-ML s'apprête aussi à lancer un dispositif innovant qui permettra à la régulation libérale de proposer rapidement un médecin libéral à toute personne appelante. Actuellement, rappelle le Dr Guilaine Kieffer-Desgrippes, 70 % des personnes qui se rendent en premier recours aux urgences hospitalières – particulièrement saturées à Strasbourg – n’ont même pas tenté d’appeler leur médecin traitant avant de s’y rendre. Financé par l’ARS, le dispositif Entr’acte est une application qui permettra aux médecins disposant de plages horaires libres de recevoir des patients qui leur seront adressés par la régulation libérale. Il sera lancé expérimentalement à Strasbourg dans une dizaine de jours, puis élargi à tout le Bas-Rhin et à la Moselle.

En pratique, explique le Dr Kieffer-Desgrippes, les généralistes et, à terme, d’autres professionnels de santé, pourront s’inscrire au système en indiquant leurs disponibilités. Lorsqu’un patient appellera la régulation libérale, qui fonctionne déjà de 20 heures à 8 heures mais qui deviendra permanente, le régulateur conseillera d’abord au patient de joindre son médecin traitant. Si c’est impossible, il prendra contact avec ce dernier pour tenter de lui trouver un rendez-vous plus rapide ou, sinon, le mettra en rapport avec un autre médecin inscrit sur l’appli. Les médecins qui participeront au système bénéficieront d’un supplément de rémunération fixé à 13 euros – et non 15, afin de marquer la différence avec l’indemnité MRT de régulation par le médecin traitant, précise le Dr Kieffer-Desgrippes.

 

 

 

 

De notre correspondant Denis Durand de Bousingen

Source : Le Quotidien du médecin: 9703