Conservation facilitée, reconstitution rapide

Les atouts du plasma lyophilisé français

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Publié le 27/11/2017
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« Inventée par les américains en 1942 et depuis améliorée régulièrement par les praticiens militaires français, la lyophilisation du plasma permet d’éliminer la majorité de ses problèmes logistiques en simplifiant ses modalités de conservation et d’utilisation », indique la Dr Anne Sailliol, directrice de l'Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA).

Le  plasma lyophilisé (PLYO) est préparé par le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA), à partir de plasma thérapeutique, et répond à toutes les exigences règlementaires encadrant les produits sanguins. Le plasma est prélevé sur des donneurs sélectionnés selon les critères habituels, mais aussi en fonction de leurs taux de facteurs de coagulation. Après prélèvement, il est traité par une technique physicochimique, qui empêche la réplication de nombreux virus, bactéries et parasites. Pour obtenir un produit universel, sans augmenter le risque infectieux, on mélange ensuite le plasma de 3 à 10 donneurs différents au plus. « Tout ce qui permet d’améliorer l’efficacité et la sureté du produit est ainsi appliqué, ce qui en fait un produit d'exception qui peut être partagé avec les praticiens civils français ou les partenaires militaires étrangers », insiste la Dr Sailliol.

Deux ans de stockage

Le PLYO peut être conservé durant deux années à température ambiante (entre 2 et 25°C), le stockage prolongé se faisant idéalement entre 2 et 6°C. « Il a été validé pour supporter pendant plusieurs heures des températures extrêmes allant de 0 à 53°C et une hygrométrie de 17 à 89 % », précise la Dr Sailliol.

La reconstitution, sous réserve d'une formation adéquate (présentielle ou en formation), est facile et rapide : en 3 à 6 minutes à partir d'eau pour préparation injectable.

Efficacité prouvée dans le choc hémorragique traumatique

Son indication de choix est la prise en charge préhospitalière du choc hémorragique traumatique, associé à une coagulopathie très précoce, pour laquelle le patient doit bénéficier d'une transfusion de plasma dans les 30 minutes, selon les dernières recommandations. Une contrainte de temps souvent difficile à respecter avec le plasma congelé.

Utilisé depuis plusieurs années par les militaires, le PLYO a récemment fait la preuve de son efficacité dans le choc hémorragique traumatique au cours d’une étude menée au CHRU de Lille. Un projet hospitalier de recherche clinique, multisite (civil et militaire) est en cours pour l'évaluer plus largement en préhospitalier.

La réglementation devrait prochainement évoluer, pour permettre de le conserver plus de 6 heures en dehors d’un dépôt de sang, après sa délivrance, limite jusqu'alors imposée aux produits sanguins.

Maternités, îles ou montagnes

Le PLYO répond aussi aux besoins des obstétriciens pour la transfusion très précoce de l'hémorragie de la délivrance. « En pratique, le PLYO est particulièrement adapté à la prise en charge préhospitalière du choc hémorragique, mais aussi aux situations d'isolement (îles ou montagne par exemple) et aux maternités ne disposant pas de plasma congelé en moins de 40 minutes », conclut la Dr Sailliol.

D'après un entretien avec la Dr Anne Sailliol, directrice de l'Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA).

Dr Isabelle Hoppenot

Source : Bilan Spécialiste