Médecine esthétique

Les dermatologues ne veulent pas être oubliés

Publié le 26/05/2010
Article réservé aux abonnés

À L’HEURE où le gouvernement s’apprête à réglementer les actes à visée esthétique – un décret est en effet en préparation au ministère de la Santé dont la parution au « Journal officiel » est prévue fin juin (« le Quotidien » du 12 mai) –, les dermatologues s’inquiètent. Ils redoutent de ne pas se voir autoriser la pratique de certains actes sans passer une capacité universitaire. Le Syndicat national des dermatologues vénéréologues (SNDV) revendique la compétence de tout dermatologue dans la pratique des actes de dermatologie esthétique. « Les dermatologues sont amenés à prendre en charge la majorité des cancers de la peau dont la plus grande partie est localisée sur le visage, commente le Dr  Georges Reuter, président du SNDV. Compte tenu de la connaissance approfondie de l’organe peau par les dermatologues, ces derniers, de par leur formation sont aptes à pratiquer tous les actes de dermatologie esthétique et offrent au public les garanties de sécurité requises. »

Le spécialiste souligne que les dermatologues ont été sollicités par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et la Haute autorité de santé (HAS) pour participer aux commissions de régulation qui doivent se prononcer sur les traitements à visée esthétique, les dispositifs injectables ou la toxine botulique que les dermatologues sont autorisées à utiliser. Le SML(Syndicat des médecins libéraux) juge également inacceptable « la remise en cause de la pratique dermatologique interventionnelle (...) au vu de l’expérience et de la notoriété mondiale de la spécialité ». « Ce sont les dermatologues qui ont instauré un réseau de vigilance concernant les actes de dermatologie esthétique », poursuit le SML. L’UMESPE (Union des médecins spécialistes confédérés) s’indigne également que la dermatologie soit « en train de perdre l’essence même de sa spécialité ». « Il serait inacceptable pour les dermatologues que leur spécialité soit exclue de la pratique sur la peau, qu’elle soit thérapeutique ou esthétique », conclut le syndicat.

 CH.G.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8777