Dispositif d’assistance ventriculaire

Les pompes centrifuges magnétiques moins thrombogènes que les pompes mécaniques

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Publié le 12/03/2018
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Le principal challenge rencontré dans la mise au point de dispositifs d'assistance circulatoire, est de parvenir à réduire au maximum la perturbation du flux sanguin par des éléments mécaniques susceptibles de provoquer l'apparition de caillots.

Une des méthodes expérimentées ces dernières années consiste à supprimer ces éléments mécaniques : le sang est aspiré par centrifugation par une turbine dont la rotation est entraînée, non pas par un axe central, mais par un champ magnétique.

À l'occasion du congrès du collège américain de cardiologie (ACC) qui s'achève ce lundi à Orlando, le Dr Mandeep Mehra du Brigham and Women's Hospital de Boston, a présenté les données de l'étude MOMENTUM 3 qui confirment la pertinence de cette nouvelle approche, avec les résutats à deux ans du dispositif d'assistance ventriculaire gauche HeartMate 3 développé par St Jude Medical (racheté fin 2016 par Abbott qui finance désormais l'étude). Le HeartMate 3 a été comparé à un dispositif classique à flux axial HeartMate II, également développé par St Jude Medical. Les dispositifs étaient implantés soit de façon transitoire, en attente d'une greffe cardiaque, soit de façon définitive,

Près de 80 % de patients sans AVC

Sur les 360 patients souffrant d'insuffisance cardiaque avancée, recrutés dans l'étude, 190 ont bénéficié d'une pompe centrifuge magnétique à flux continu HeartMate 3. Les auteurs notent que 79,5 % de ces patients ont une survie d'au moins 2 ans sans AVC, contre 60,2 % dans le groupe ayant une pompe axiale classique. Le taux de ré-opération pour cause de dysfonctionnement de la pompe est également plus faible dans le groupe HeartMate 3 (3 patients, soit 1,6 %) que dans le groupe HeartMate II (30 patients, soit 17 %).

Si les taux de décès et d'AVC entraînant un handicap n'étaient pas significativement différents dans les deux groupes, l'incidence globale de l'AVC était, en revanche, en faveur des pompes centrifuges (10,1 % contre 19,2 %).

Damien Coulomb

Source : Le Quotidien du médecin: 9647