Dans le myélome multiple

L'espoir d'un nouvel anticorps anti-CD38 en phase avancée

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Publié le 29/06/2017
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Environ 12 % des hémopathies malignes, 5 000 nouveaux cas par an, une survie doublée en 10 ans (avec les inhibiteurs du protéasome et les immunomodulateurs), mais une survie qui reste précaire au fil des rechutes, voici en résumé le myélome multiple (MM), encore incurable.

Caractérisée par une prolifération anormale de plasmocytes, la maladie se manifeste par des signes variés, ce qui rend le diagnostic moins aisé : des signes osseux (8 fois sur 10 révélateurs), de lyse (douleurs osseuses réfractaires aux antalgiques, fractures spontanées, etc.) ; de la fatigue, 3 fois sur 10, les plasmocytes détruisant les précurseurs des globules rouges ; une insuffisance rénale, dans 20 à 30 % des cas, l’Ig anormale se déposant sur les reins, ou une hypercalcémie dans 10 à 20 % des cas. Si le traitement de première ligne est associé à la réponse la plus longue, la grande majorité des patients rechutent et la maladie devient incurable.

« Nous disposons maintenant de cinq lignes de traitement, ce qui est insuffisant : de nouveaux médicaments pour les lignes très avancées, quand nous sommes en impasse thérapeutique, sont indispensables », observe le Pr Philippe Moreau, chef du service d’hématologie du CHU de Nantes. En effet, la survie médiane est inférieure à 8 mois lorsque le MM est devenu réfractaire aux traitements recommandés. L’anti CD-38 de Janssen a donc été évalué en rechute avancée, sur des patients réfractaires à la dernière ligne de traitement.

Le taux de réponse globale est de 31 %. La survie sans progression est de 4 mois, de 15 mois pour les « répondeurs ». La survie globale est de 20 mois. La tolérance est bonne, avec des effets indésirables sévères en proportion modeste, globalement liés à l’avancée de la maladie (anémie, thrombopénie, etc.), plutôt lors de la première perfusion (plus longue). Cet anticorps humain, actif en monothérapie, est un grand espoir pour les patients dont la maladie est moins avancée, dès la première rechute, et en combinaison. « Il est probable qu’à l’issue du programme de développement de phase III aujourd’hui engagé (5 essais), il deviendra la base du traitement du MM, auquel seront ajoutés d’autres médicaments, plus anciens », estime le Pr Thierry Facon, chef du service des Maladies du sang au CHRU de Lille)

D’après la conférence de presse Janssen

Dr Brigitte Blond

Source : Le Quotidien du médecin: 9593