Santé publique

Obésité : nouveaux médicaments, nouveaux espoirs ?

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Publié le 13/03/2023
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Crédit photo : GARO/ PHANIE

Si l’obésité est loin de se résumer à une problématique médicale, « la personne obèse nécessite une prise en charge globale, y compris avec des outils pharmacologiques prescrits à bon escient », défend le Pr Karine Clément (Sorbonne université, Inserm, hôpital de La Pitié-Salpêtrière, Paris), alors que l’arsenal thérapeutique dans ce domaine connaît un renouveau.

Ces cinq dernières années ont en effet vu le développement d’une nouvelle génération de molécules, issues de la diabétologie et permettant des pertes de plus de 10 % du poids corporel total chez plus des deux tiers des participants aux essais cliniques (indications : IMC ≥ 30 kg/m2 ou IMC ≥ 27 kg/m2 avec comorbidités). Le liraglutide, analogue du GLP-1 bien connu dans le diabète de type 2, est arrivé le premier, suivi du sémaglutide. Le tirzépatide (analogue du GLP-1 et du GIP) a obtenu une AMM européenne en septembre 2022 dans l’obésité et promet des réductions pondérales encore plus importantes, de 10 à 20 % à un an. Des bi- et tri-agonistes (combinant un analogue du GLP-1 avec des analogues du GIP, ou du glucagon, ou encore d’autres composés comme la peptine YY, l’oxyntomoduline ou l’amyline) sont aussi dans les tuyaux.

Ces dernières années ont aussi été marquées par l’arrivée de traitements ciblés pour les obésités monogéniques. Avec « de belles histoires, comme celle du setmélanotide, relate le Pr Clément, qui repose sur la voie leptine-mélanocortine, laquelle joue un rôle clé dans la régulation du poids ». Plus de 60 maladies génétiques sont aujourd’hui associées à l’obésité, liées à des anomalies génétiques impliquant cette voie. Le setmélanotide – agoniste du récepteur aux mélanocortines de type 4 – a été autorisé par l’EMA en juillet 2021. Il est prescrit en France en accès précoce chez les patients ayant un syndrome de Bardet-Biedl, un déficit en récepteurs de la leptine, un déficit en pro-opiomélanocortine ou en enzyme PCSK1. Le setmélanotide court-circuite les voies déficientes pour activer directement la voie MC4R et restaurer ainsi le signal de satiété.


Source : lequotidiendumedecin.fr