Migraine, nausées, insomnies, perte d'audition...

Washington rappelle plus de la moitié de ses diplomates à Cuba

Publié le 29/09/2017
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Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Cette fois, l'affaire des "attaques acoustiques" est en train de sérieusement pourrir les relations entre les Etats-Unis et Cuba. Les premiers ont en effet rappelé vendredi "plus de la moitié" de leurs diplomates à La Havane, après avoir en mai expulsé deux diplomates cubains, à la suite de mystérieuses "attaques" ciblant la santé du personnel de leur ambassade. "Tant que le gouvernement de Cuba ne pourra pas assurer la sécurité du personnel gouvernemental américain à Cuba, notre ambassade sera limitée au personnel indispensable afin de minimiser les risques d'exposition", a déclaré un responsable du département d'Etat américain. Cerlui-ci va aussi appeler les ressortissants américains à éviter de se rendre sur l'île en raison des risques liés à ces attaques, qui ont jusqu'ici touché 21 employés de l'ambassade

Cette obscure affaire empoisonne depuis plus de neuf mois les relations bilatérales. Une trentaine de diplomates américains, mais aussi canadiens, ainsi que leurs familles ont ressenti depuis quelques mois d'inquiétants symptômes d'origine inconnue sur la même période. Les premiers faits suspects ont été signalés fin 2016, mais le gouvernement américain a attendu août 2017 pour évoquer de mystérieux "symptômes physiques" constatés chez plusieurs salariés de l'ambassade. On évoque des troubles du sommeil. Et au-delà, des diplomates ont souffert de "migraines, nausées", mais aussi "de légères lésions cérébrales d'origine traumatique et d'une perte définitive d'audition", révélait ensuite le syndicat de la diplomatie américaine. Certains ont dû rentrer aux Etats-unis pour se faire soigner...

Des responsables américains ont dit à des journalistes soupçonner l'utilisation d'appareils acoustiques visant à porter atteinte à "l'intégrité physique" des diplomates. La Havane a formellement démenti toute implication et lancé une enquête. Washington ne considère pas Cuba coupable, mais responsable en tant que pays hôte. Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a lui évoqué une possible fermeture de l'ambassade à Cuba. En réponse, La Havane prévient contre toute politisation de l'affaire. Mardi, M. Tillerson a reçu son homologue cubain Bruno Rodriguez sans fournir plus de détails.

Washington évoque l'émission ciblée d'ondes nocives à partir d'un dispositif non repérable. Selon des sources américaines citées par des médias locaux, le président cubain Raul Castro a fait part au chef de la mission américaine de sa perplexité face à l'affaire, et - fait rarissime - a autorisé le FBI et la police canadienne à venir enquêter à La Havane. Et selon les médias américains, les enquêteurs du FBI ont fait chou blanc lors de fouilles minutieuses aux domiciles des victimes.

Mais les spéculations vont bon train. Certains évoquent une initiative d'agents cubains en rupture de ban, d'autres des manœuvres d'un pays tiers soucieux de nuire aux relations entre Cuba et les Nord-Américains, comme la Russie ou la Corée du Nord. Mais l'hypothèse la plus relayée est celle de possibles incidences d'un système d'écoutes défectueux ou mal maîtrisé, une option renforcée par la réputation des "grandes oreilles" cubaines.

"Nous n'avons pas de réponse définitive sur l'origine ou la cause des incidents", a reconnu mardi un responsable du département d'Etat, tandis que La Havane a annoncé avoir pris des "mesures additionnelles de protection des diplomates américains et de leurs familles".


Source : lequotidiendumedecin.fr