Très régulièrement les professionnels de santé (médecins et autres corps de métier) sont des victimes de patients belliqueux, ou mal éduqués, qui n’ont pas de scrupules à les molester parfois avec une violence démesurée. Les différentes affaires de ce type relatées dans la presse font souvent état d’une relative absence de prise en compte du préjudice subi par ces soignants par l’autorité judiciaire. Fréquemment les contrevenants ont un rappel à la loi, et effectuent uniquement des stages de citoyenneté…
Il est rare, au grand désespoir des plaignants, que les peines soient à la hauteur du préjudice subi. Les politiques feignent de s’émouvoir de ces situations, qui perdurent malgré leur prise de position rarement suivie d’actes législatifs. Et oui, les soignants deviennent des boucs émissaires pour des patients de plus en plus revendicatifs.
Les médecins peuvent être également critiqués du fait de leurs agissements
Au-delà de cet état de fait très répréhensible, nous voyons également des comportements parfois pas très honorables de la part des médecins.
Ainsi une visiteuse médicale (c’est une espèce en voie de disparition car ils sont souvent éconduits dès lors qu’ils arrivent dans certains cabinets médicaux) me narrait ses mésaventures lors d’un buffet qu’elle avait offert à des collègues qui l’avaient sollicitée pour établir le tableau de garde annuel du secteur.
Comment des personnes qui ont un niveau d’éducation comme le leur peuvent se permettre de réagir comme des goujats ?
Parmi les confrères certains ne reçoivent pas ou plus la visite médicale car ils identifient les visiteurs comme des « influenceurs ». Ce choix doit être respecté, tout comme celui des autres qui les acceptent dans leur bureau sans sourciller.
Je m’évertue à recevoir depuis mes jeunes années ces « influenceurs », car je reconnais que ces personnes sont des êtres humains qui nous donnent certaines informations (j’ai la capacité de savoir si elle est de qualité ou non). De plus je lis régulièrement les revues médicales variées qui me permettent d’avoir mon jugement sur les dires de ces visiteurs.
Donc, en revenant sur notre sujet, certains confrères ont décidé de ne pas partager le buffet « gracieusement » offert. De cette manière ils n’ont pas émargé la feuille présentée par le délégué du laboratoire pharmaceutique. Ce refus évite d’être répertorié sur le site du gouvernement concernant des avantages en nature de l’industrie pharmaceutique.
Je peux tout à fait comprendre cette attitude qui montre l’engagement de ces professionnels qui refusent la visite médicale. Cependant, et à la grande surprise de ma visiteuse, deux collègues qui refusaient de manger avec les autres ont changé d’avis sans pour autant accepter d’émarger.
Comment des personnes qui ont un niveau d’éducation comme le leur peuvent se permettre de réagir comme des goujats ? Si nous allons plus en avant dans notre raisonnement, il aurait été judicieux de ne pas accepter la participation d’un laboratoire pharmaceutique lors de la tenue de cette réunion.
« L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne » Confucius.
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