Courrier des lecteurs

Petites maternités : une question de compétences

Publié le 04/02/2019
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On ne fait bien que ce qu'on fait souvent. Au fil des années, les praticiens, obstétriciens, sages-femmes, infirmières et infirmiers, aides-soignants, pédiatres, exerçant exclusivement dans des maternités à bas risque (niveau I) effectuant peu d'accouchements, perdent en compétence vis-à-vis de la prise en charge d'événements graves.

Certes, ces maternités sélectionnent les patientes pour éviter les risques d'accidents graves, mais il en est de survenue imprévisible et auquel les soignants de ces structures seront confrontés statistiquement un jour ou l'autre dans leur exercice, même dans ces maternités de grossesse à bas risque maternel et fœtal : hémorragie de la délivrance, souffrance fœtale aiguë, hématome rétroplacentaire…

En dehors de tout problème du coût de fonctionnement de ces petites structures, fonctionnant avec un recrutement exclusif de grossesses à bas risque, pour que les soignants de ces structures puissent rester performants dans la prise en charge des accidents imprévisibles de la grossesse, de l'accouchement, de la naissance, il faudrait qu'obligatoirement les soignants des structures exercent également au minimum à 1/3 temps dans une structure de grossesses à risque moyen ou élevé (niveau II ou III). C'est ce que mon expérience professionnelle et d'expert de cours d'appel m'a appris.

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Pr. Marcel Voyer, Ancien chef de service de pédiatrie et réanimation à l'Institut de Puériculture et de Périnatalogie de Paris, Expert honoraire près la Cour d'Appel de Paris

Source : Le Quotidien du médecin: 9721