Les urgences sont passées de son pire cauchemar à sa vocation, raconte la Dr Charlotte Rachline

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Publié le 01/11/2026

La Dr Charlotte Rachiline, urgentiste à l’hôpital Franco-Britannique n’avait qu’une hantise : devenir urgentiste. Et pourtant, c’est finalement le métier qu’elle a choisi, après un stage qui a changé son regard sur la spécialité. Retour sur ce qui l’a motivée.

La Dr Rachiline n'aurait jamais imaginé devenir urgentiste

« J’avais décidé de réaliser mon premier stage aux urgences, pour faire passer le pire. J’avais peur de l’urgence vitale, de ne pas savoir gérer » se remémore la Dr Charlotte Rachline, urgentiste à l’hôpital Franco-Britannique. Lorsqu’elle commence son externat et effectue ses premières gardes, l’expérience est difficile. « Quand on arrive aux urgences et qu’on ne sait pas trop quoi faire de soi, à moins de tomber sur des gens vraiment très sympas et très bienveillants, ce qui n’était pas le cas, on se sent complètement inutile. On a l’impression de rajouter du boulot aux autres. Ce qui est vrai » se souvient cette dernière.

Si la praticienne choisit de faire médecine, c’est d’abord par « curiosité infinie pour le corps humain », qui l’a toujours passionnée. Mais aussi, paradoxalement, par la peur profonde de la maladie et surtout de la mort. « J’avais besoin de comprendre la maladie et les aléas du corps humain pour reprendre un peu de prise. Et c’est probablement aussi pour cela que les urgences me faisaient peur. »

Un stage qui change le cours de sa vie

Plusieurs années après cette expérience traumatisante, comme de nombreux internes, la Dr Charlotte Rachline décide donc de commencer son internat par les urgences. Une manière, pour elle, de « tuer la bête », mais aussi de multiplier les expériences afin de faire diminuer progressivement le stress associé aux situations d’urgence vitale. Et, contre toute attente, cette expérience lui plaît. « Je n’avais pas anticipé cela, mais j’ai adoré ce stage aux urgences de l’hôpital Foch » explique t-elle. 

Elle découvre également un nouvel environnement professionnel et une organisation qui lui correspondent davantage. « C’était aussi la première fois que je sortais de la Pitié et que je découvrais un autre hôpital. Cela m’a plu pour plusieurs raisons. Je trouvais notamment que le fonctionnement était un peu plus souple, peut-être aussi parce que j’avais davantage d’expérience et de connaissances que lorsque j’étais arrivée comme externe. »

Une spécialité aux multiples avantages

Très vite, plusieurs aspects du métier la séduisent : « Le travail d’équipe, le sentiment d’être à la croisée des chemins entre des spécialistes divers et variés, les autres collègues des urgences, les infirmiers, les aides-soignants... »

Elle apprécie aussi la proximité entre les différents professionnels. « Je trouve que nous sommes beaucoup plus proche aux urgences que dans les services d’hospitalisation classiques. Nous avons le sentiment d’être un peu comme un rouage d’une machine bien huilée, au service des patients. » Enfin, la diversité des pathologies et l’immédiateté de la prise en charge finissent de la convaincre. « Si par exemple quelqu’un arrive en grande crise d’asthme avec le traitement adéquat, dans la majorité des cas, il va mieux. Vous pouvez vraiment être témoin de l’évolution et avoir un sentiment d’utilité. » L’accès rapide aux examens constitue également, à ses yeux, un atout de la spécialité. Une première expérience qui aura finalement transformé sa peur des urgences en véritable vocation.

Un devoir de transmission

Tutrice d’interne et formatrice lors de séance de simulation au sein de la fondation Cognac-Jay, la praticienne s’efforce de véhiculer une image positive des urgences. « J'évite de  les mettre en difficulté et je leur apprends à prendre confiance en eux en toute sécurité.  J’insiste sur le vécu de certaines situations difficiles comme une réanimation ou un décès. Chose que j’aurais aimé que l’on fasse avec moi quand j’étais interne ». Enfin, la Dr Rachline accorde une attention particulière au savoir être, « cela ne s’apprend pas dans les livres et je trouve que le retour de personnes avec plus d’expérience est vraiment précieux. »


Source : lequotidiendumedecin.fr