Des combats, le Dr Philippe Catella en a vécu un certain nombre en tant qu'amateur d'arts martiaux. Mais il ne pensait pas se servir un jour de ses réflexes de karatéka pour maîtriser un patient en colère. Mardi dernier, le généraliste de Montélimar a été agressé par un patient lors d'une consultation, révèle Le Dauphiné Libéré. Un homme réputé violent, venu pour un renouvellement d'ordonnance contenant des substituts à un produit stupéfiant, s'en est pris verbalement à lui à la fin du rendez-vous avant de le frapper au visage. Résultat : une fracture du nez non déplacée et six jours d'ITT.
[[asset:image:12607 {"mode":"small","align":"left","field_asset_image_copyright":[],"field_asset_image_description":[]}]]L'agresseur, arrêté par la police le lendemain matin, ne fait pas partie de la patientèle du généraliste : « Il s'agit du patient d'un confrère qui était en congés cette semaine-là. Je l'avais déjà vu une fois il y a 15 ans mais c'est tout », explique le Dr Catella contacté par Le Généraliste. Le jeudi précédant l'agression, l'homme était déjà venu au cabinet pour un renouvellement d'ordonnance de produits de substitution. Le Dr Catella lui avait alors remis son ordonnance sans accroc. C'est en revenant au cabinet quelques jours plus tard que le patient a affirmé au médecin « avoir perdu son ordonnance dans le bus » et a sommé le Dr Catella de rédiger à nouveau le document.
Deuxième agression en 5 ans
Face au refus du médecin, le ton monte. Alors que le généraliste se dirige vers sa salle d'attente pour accueillir son prochain patient, il est surpris par l'agresseur dans son dos. Le praticien se retourne et reçoit un coup au visage. « Heureusement que je sais me défendre et que j'ai pu le maîtriser tout de suite. Cela aurait pu être plus grave s'il était tombé sur une femme par exemple », regrette le généraliste qui a porté plainte. Ce n'est pas la première fois que le Dr Catella est confronté à un patient violent. « En 2013 déjà, j'avais subi une tentative d'agression mais j'avais réussi à repousser le patient avant qu'il me touche », ajoute le Dr Catella.
Il en faut plus pour refroidir ce médecin passionné. Le généraliste a ainsi continué ses consultations avec le nez cassé. « On ne peut pas avoir peur et mettre tous les patients dans le même sac. Certains me disent qu'il faut arrêter de faire des ordonnances de subutex mais dans 99 % des cas, les gens sont charmants », conclut-il. Chaque année, le nombre d'agressions de médecin augmente. Selon le dernier rapport de l'Observatoire de la sécurité des médecins de l'Ordre, la barre symbolique des 1 000 incidents déclarés a été dépassée en 2017. Le CNOM a enregistré l'an dernier 1 035 déclarations, soit une augmentation de 7 % par rapport à 2016. Les généralistes sont les premiers visés. Ils sont à l’origine de 61 % des déclarations en 2017.
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