Pour les habitants de ce petit village du Maine-et-Loire, le calvaire a commencé dimanche 15 février. « À Cheffes, on sait que c’est inondable, on a régulièrement de l’eau qui monte, mais cette année, cela a atteint un niveau particulièrement élevé. La crue a fini par monter jusqu’à la place du village, les patients n’avaient plus d’accès au cabinet. Mais j’ai quand même pu exercer jusqu’au mardi 17 février inclus… », témoigne la Dr Audrey Girard, l’unique généraliste de ce village de quelque 1 000 habitants, dont plus de 600 ont dû être évacués en fin de semaine dernière.
« Des crues comme ça, j’en ai connu plusieurs, dont celle “du siècle” en 1995, qui était encore plus importante que celle-là, même si on fait face à quelque chose d’énorme », confie au Quotidien, Jacques Blondet, premier adjoint au maire de Cheffes, sur le pont depuis plusieurs jours. Et l’élu de donner un ordre d’idée concernant la gravité des dégâts à redouter pour ce village situé à une vingtaine de kilomètres d’Angers. « En 1995, à l’endroit le plus inondable du village, on avait relevé 1,90 mètre d’eau, là nous sommes à 1,30 mètre », énonce-t-il. Les autorités, dont la dernière intervention ce week-end a été de couper, de façon ciblée, l’alimentation électrique de la commune, attendaient de voir le rythme de la décrue pour décider du retour au domicile des habitants.
Du coup, je suis au chômage
Dr Audrey Girard, l’unique généraliste du village de Cheffes
« Du coup, je suis au chômage », préfère sourire la Dr Girard, qui n’a pas perdu de temps pour s’organiser face à cette calamité climatique. « L’une des chances, si je puis dire, c’est que la montée des eaux est intervenue lentement », détaille la généraliste. L’occasion pour elle et son équipe de la maison médicale, qui intègre deux infirmiers, une orthophoniste et une psychomotricienne, de surélever les meubles, de mettre le matériel médical à l’abri et d’embarquer l’informatique – « ordinateurs et compagnie ».
Téléconsultations depuis un village voisin
Cette situation subie lui a permis, une fois trouvé refuge dans le village voisin de Tiercé, distant de sept km, « de faire quelques téléconsultations pour dépanner les patients qui ont besoin d’un renouvellement d’ordonnances régulières ». En parallèle, elle est en discussion avec la mairie de Tiercé « où beaucoup de Cheffois se sont repliés », pour avoir un lieu d’exercice temporaire.
Mais dans quel état retrouvera-t-elle son cabinet et son domicile cheffois ? Selon Jacques Blondet membre de la cellule de crise, aux derniers relevés, la montée des eaux s’arrêtait aux premières marches de la maison médicale, sans avoir a priori pénétré dans les locaux. Quant au domicile situé en contrebas du village, la généraliste, qui y est installée depuis 2020, croise les doigts.
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