Qui a dit que les médecins de ville étaient toujours en guéguerre avec leurs homologues hospitaliers ? Ce lundi, le Syndicat de la médecine générale (SMG) a annoncé qu'il apportait son plein « soutien au mouvement de grève des urgences hospitalières partout en France » et a appelé à signer une pétition en ligne lancée il y a quelques jours par l'équipe des urgences de Saint-Antoine.
« Que l'on soit soignant ou usager des services d'urgences, chacun peut constater la dégradation des conditions de travail et d'accueil aux urgences. Durée d'attente, engorgement, épuisement des professionnels, absence de lit d'hospitalisation… La situation est tendue », observe le syndicat présidé par le Dr Guillaume Getz.
Depuis la mi-mars 2019, un grand nombre de services d'urgences sont entrés en grève un peu partout sur le territoire, à la suite d'un mouvement entamé à l'hôpital Saint-Antoine, à la suite d'une série d'agressions. Les grévistes réclament des moyens humains et financiers, simplement pour faire leur travail. « Le développement des Urgences atteint ses limites, avec une activité arrivée à saturation pour les services et une difficulté toujours plus grande à trouver des places d’hospitalisations en aval », relevaient les auteurs de la pétition.
« Cette situation intenable est le résultat d'une politique de santé inconséquente ; elle n'est que le symptôme d'un système de santé défaillant, estime le SMG, selon qui les causes sont nombreuses : désertification médicale, en particulier pour les soins de premier recours, effet pervers du « virage ambulatoire » qui supprime des lits d'hospitalisation, démantèlement du service public hospitalier au bénéfice des cliniques privés, manque d'investissement dans les structures médico-sociales et pour les situations de dépendance… »
Le syndicat de généralistes demande au gouvernement de « répondre sans délais aux revendications des grévistes pour assurer les soins dignement ». Selon lui, l'État et l'Assurance maladie doivent réinvestir massivement dans le service public hospitalier et créer un vrai service public de soins de premier recours.
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