Comment trouver en quelques clics une recommandation scientifique, même en pleine consultation ?
C’est pour répondre à ce besoin quotidien des médecins généralistes mais aussi pour favoriser l’appropriation par la profession des recommandations (ou guides pratiques cliniques), l’un des piliers de l’Evidence based médecine (EBM), que le Collège de la médecine générale (CMG) a mis en ligne dès 2019 le site www.ebmfrance.net.
L'inscription doit être validée sur justificatif de la qualité de professionnel de santé. Immédiatement ensuite, l’accès est libre aux quelque 1 000 de guides de pratique clinique français et européens – traduits et adaptés à la pratique hexagonale pour les seconds – ainsi qu'aux 4 000 résumés de revues systématiques de la littérature en anglais. Le tout, de façon totalement gratuite. L’outil a en effet été financé par l’Assurance-maladie pour un montant d’un million d’euros par an, pendant trois ans. Ce budget permet de payer les rédacteurs, la logistique et les abonnements aux guides des autres pays notamment.
Utilisé en consultation pour vérifier
Les objectifs de fréquentation fixés par la CNAM pour poursuivre son financement au-delà de cette année ont déjà été dépassés : 3 600 généralistes sont inscrits et plus de 6 000 consultations mensuelles sont réalisées. De quoi laisser espérer au CMG un financement pérenne après la fin de cette année. « Nous avons essayé d'en faire un outil le plus adaptable à la pratique, explique le Dr Pascal Charbonnel qui dirige la plateforme. Nous constatons qu'en moyenne un utilisateur reste deux à trois minutes sur le site, ce qui nous laisse à penser qu'il l'utilise probablement en consultation pour vérifier quelque chose ».
Les guides de pratique clinique couvrent l'essentiel de la spécialité en proposant plusieurs approches : orientation diagnostique devant un symptôme, pathologie, traitements, interprétation d'une anomalie biologique, etc. Ils sont validés scientifiquement et mis à jour très régulièrement. Les concepteurs ont tenu à ce que l'accès au site ne soit pas tracé pour que le praticien utilisateur ne se sente pas surveillé. En revanche, on sait quelles sont les « recos » les plus consultées. « C'est vraiment à l'image de la pratique de la médecine générale, confie le Dr Charbonnel. Les grandes pathologies (diabète, HTA, …) que nous prenons en charge sont représentées. On note aussi des pics saisonniers en fonction des épidémies et des recherches pour des pathologies plus rarement vues en médecine générale pour lesquelles le praticien a besoin d'une information rapidement ».
Ainsi, pour le mois de juin dernier, en tête des thèmes les plus consultés, on trouvait, dans l'ordre : les troubles du neurodéveloppement chez les enfants à risques entre 0 et 7 ans, la gonorrhée, le traitement et le suivi du diabète de type 2, le traitement de la dyslipidémie, les dermatophytoses, l'HTA de l'adulte, l'hyperthyroïdie et les infections à coronavirus.
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