Le médecin traitant de la famille de Gabin, bébé mort de faim à l'âge de 22 mois en 2013, dont les parents ont été lourdement condamnés aux assises, a écopé de neuf mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Guéret (Creuse).
Le tribunal correctionnel a reconnu le généraliste de 62 ans coupable de « non-assistance à personne en danger ». Une condamnation « rare », selon l'association « L'Enfant bleu » (lutte contre la maltraitance infantile), partie civile au procès. « Il y a peu de médecins pour lesquels la faute pénale est retenue pour non-assistance à personne en péril », a commenté l'avocat de l'association Me Yves Crespin auprès de l'AFP. L'association ne fera pas appel, estimant que le jugement envoie déjà « un signal très fort (...) à l’adresse de la profession médicale » car « seul le médecin avait la possibilité de s’apercevoir de la situation de danger dans laquelle se trouvait Gabin ».
Le médecin a aussi été condamné à verser 7 000 euros de dommages et intérêts au frère aîné de Gabin, pour le préjudice moral subi, et un euro symbolique à « L'Enfant bleu ». Il devra en outre leur verser 900 euros de frais de justice, et la même somme à chacun des parents.
Les parents, « seuls responsables »
Ces derniers avaient été condamnés en novembre dernier à 17 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Creuse pour « privation de soins et d'aliments suivie de mort d'un mineur de moins de 15 ans » et sont dans l'attente de leur procès en appel.
Lors de son procès le 4 juin, le médecin, toujours en activité, avait plaidé l'erreur d'appréciation. Il assurait n'avoir « rien vu » avant le décès du bébé le 7 juin 2013, à l'âge de 22 mois, des suites de dénutrition et déshydratation. « L'état de Gabin ne m'inspirait pas d'inquiétude. Pendant les consultations, il était toujours propre et bien vêtu », avait-il assuré.
« La mère n'a jamais posé de problème (...). Elle semblait s'occuper parfaitement de Gabin », avait affirmé le médecin, tout en admettant avoir été plus dubitatif sur les capacités du père. « Je ne mesurais pas un quelconque danger, sinon j'aurais agi. C'est mon métier et ma raison de vivre », avait-il insisté, accusant les parents d'être les « seuls responsables ».
Lors de sa dernière visite chez le médecin, Gabin pesait 8,55 kg. « Six semaines plus tard, lors de son décès aux urgences, il ne pesait plus que 5,825 kg (...) C’est-à-dire le poids qu’il faisait à trois mois », avait rappelé l'accusation lors du procès des parents.
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