La situation politique du pays a franchi un nouveau cran dans l’instabilité cette semaine. Après la nomination de son gouvernement dimanche 5 octobre au soir, Sébastien Lecornu a finalement démissionné le 6 au matin. Le Premier ministre démissionnaire restant en charge de construire « une plateforme d’action et de stabilité ». La copie devait être rendue ce mercredi soir, mais à l’heure où nous bouclons difficile d’imaginer qu’il arrive à trouver un consensus de travail.
Et la santé dans tout ça ? Le brouillard s’épaissit. Après les 5,5 milliards d’économies demandées dans le plan Bayrou, le Premier ministre Lecornu entendait en faire une priorité nationale, promettant d’augmenter les moyens de 5 milliards et la création d’un réseau de 5 000 maisons France santé, aux contours plutôt flous. Impossible de savoir à quelle sauce le secteur sera mangé dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale, si toutefois, on ne passe pas par une loi spéciale comme pour 2025 – la LFSS de cette année ayant été promulguée le 28 février au lieu de l’automne précédent habituellement. Déjà en septembre, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Arnaud Robinet, rappelait l’urgence de « sortir de la navigation à vue et de la politique du rabot », tandis que Lamine Gharbi, patron de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), insistait : « en aucun cas, nous ne voulons revivre l’instabilité de la fin 2024 ».
La santé a besoin de stabilité et d’un cap clair
Face aux cadres de la CSMF réunis à Avignon le week-end dernier, le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme s’est pourtant voulu rassurant : « La Sécurité sociale fonctionne en continu, même sans loi de financement. Les remboursements, les prestations et les conventions continuent de s’appliquer. » Pourtant, la numéro 2, Marguerite Cazeneuve déplore sur LinkedIn : « l'Assurance Maladie est exsangue, les patients inquiets, les professionnels de santé en attente de revalorisations, l'hôpital aveugle, nos projets (prévention, numérique, organisation des soins, recherche) à l'arrêt ». Du côté des médecins, pour le patron de la CSMF, Franck Devulder, « la santé de nos concitoyens mérite mieux que des calculs politiques à courte vue ». La présidente de MG France, Agnès Giannotti partage, elle, son sentiment d’ « avoir un canard sans tête comme pilote ».
Or que ce soit lors des universités de la CSMF ou de la Marche blanche à l’appel du collectif Santé en danger, l’inquiétude était palpable. La santé a besoin de stabilité et d’un cap clair pour les prochaines années. Un cadre que le contexte politique peine à remplir.
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