Parents pauvres des politiques sanitaires à travers le monde, les maladies respiratoires pâtissent aussi des menaces sur la science. Ce mardi 23 septembre, en écho aux dernières déclarations de Trump en santé, l’European Respiratory Society (ERS) et l’European Lung Foundation (ELF) ont tiré le signal d’alarme pour défendre l’intégrité scientifique. « Une science indépendante et collaborative est le pilier de la santé publique », a martelé la Dr EvaPolverino, en charge à l’ERS des relations scientifiques avec l’Union européenne. Et d’appeler à la protéger de « la désinformation et des manipulations politiques » pour répondre aux défis urgents, que sont la pollution atmosphérique et le changement climatique ainsi que les maladies infectieuses et les pathologies chroniques. Pour ne pas « perdre des années de progrès dans les recherches en santé », les deux organisations appellent les institutions et gouvernements européens à des actions urgentes. Comme prévenir une innovation médicale indépendante, collaborative et transfrontalière et investir dans l’éducation et la littératie en santé respectueuses des différences culturelles. Les deux organisations font un parallèle entre le lobbying autour du tabac dans les années cinquante et les attaques aujourd’hui contre, les vaccins, le dépistage du cancer et le changement climatique .
De son côté, José Luis Castro, envoyé spécial pour la santé respiratoire de l’OMS, observe pour le Quotidien que « des efforts similaires (à ceux de la lutte antitabac, NDLR) sont à mener contre la pollution atmosphérique. Malgré le travail accompli à l'échelle mondiale, des progrès restent à faire pour améliorer la qualité de l'air et pour comprendre les effets de cette pollution sur la santé ». Car l’agence onusienne entend changer la donne dans ce domaine. Sans mesures majeures, la prévalence devrait augmenter de 23 % d’ici 2050. Des recommandations sur les maladies respiratoires chroniques qui touchent plus de 640 millions de personnes dans le monde sont en cours d’élaboration.
Outre les enjeux autour du tabac et de la pollution atmosphérique, l’OMS alerte sur les difficultés d’accès aux diagnostics et aux traitements, comme le souligne la Dr Sarah Rylance : « plus de 1 000 décès prématurés sont recensés chaque jour faute d’un accès suffisant aux thérapeutiques ». Sans compter les comorbidités. En Europe, environ 75 % des patients atteints de bronchopneumopathie chronique (BPCO) en présentent au moins une. Une proportion importante, sachant qu’en France, entre 3 et 3,5 millions de personnes seraient affectées par cette pathologie. Il est donc temps de donner du souffle aux maladies respiratoires tant pour la recherche que pour la prise en charge des patients tout en préservant un climat de confiance et de transparence sur les avancées scientifiques.
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