À Épieds-en-Beauce (Loiret), les kinésithérapeutes ne sont pas rares. Mais les médecins, si ! Dans la petite commune rurale de 1 500 habitants, un pôle de santé privé rassemble six kinés, deux infirmières, un psychologue, une sage-femme, deux ostéopathes, mais aucun généraliste. À sa tête, Flora Fontaine, kinésithérapeute et propriétaire des lieux : « Nous sommes le premier contact avec les patients, parfois ils viennent en consultation en nous demandant comment faire avec leur diabète ou autre », rapporte la fondatrice, qui tient à les rediriger le mieux possible, notamment en leur suggérant la téléconsultation.
La seule médecin généraliste d’Épieds-en-Beauce, la Dr Nathalie Garcon, est installée en dehors du pôle de santé et doit déjà absorber la patientèle des communes voisines dépourvues de médecins. « Elle est toute seule face à une demande très importante », résume la kiné. Et les habitants d’Épieds-en-Beauce le font bien savoir à Flora Fontaine. À chaque annonce d’un nouveau professionnel de santé dans le pôle, les demandes du type « Et le médecin généraliste, c’est pour quand ? » pleuvent.
Kiné recherche désespérément médecin
La chasse aux médecins a donc commencé il y a environ un an. Le bouche-à-oreille, le démarchage sur le réseau social Facebook… rien n’y fait. Flora Fontaine a même envisagé de s’offrir les services d’une société de recrutement, avant que ses espérances ne soient douchées par les tarifs. La kiné, qui a fait construire son cabinet puis son pôle de santé par son mari paysagiste, n’a pas été confrontée à de telles difficultés pour attirer ses confrères et consœurs de la même profession. « Les stagiaires se plaisaient dans le pôle et certains d’entre eux sont restés », se réjouit-elle. La dynamique étant lancée, un stomatologue et un dentiste se sont également installés à proximité.
Mais pour le médecin généraliste, c’est une autre paire de manches. La salle de consultation est pourtant prête, des aides à l’installation et une exonération d'impôts (le pôle de santé se trouvant dans une zone rouge) sont disponibles pour le potentiel arrivant. Maternelle et école élémentaire, médiathèque, salon de coiffure, boulangerie : le village, situé à 40 minutes d’Orléans, ne manque pas d’atouts.
« Nous sommes plusieurs professionnels de santé, il y a de la cohésion et on peut s’aider en cas de problème », plaide la kiné, au rire contagieux. Est-ce la vie à la campagne qui fait fuir les médecins ? se questionne-t-elle. La ruralité implique parfois des consultations à domicile et de longs déplacements jusque chez les patients qui ne peuvent plus se rendre au cabinet. Pour ce faire, Flora Fontaine, ses confrères et consœurs se répartissent les secteurs, en espérant qu’un nouveau collègue intègre prochainement l’équipe.
Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à vous manifester en écrivant à : norbertflora@aol.com
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