Trente patients atteints d’un cancer ou en rémission, accompagnés de leurs aidants, s'élanceront de Menton le 19 septembre pour rejoindre Perpignan et parcourront 715 kilomètres, encadrés tout au long du parcours par une équipe médicale et des bénévoles. Ceux qui le souhaitent pourront se joindre au peloton. Cette aventure sportive et humaine a été imaginée collectivement par les membres de l'association La tête et les jambes. « C'est lors de l’une de nos réunions que nous avons envisagé un raid solidaire à vélo entre la frontière italienne et la frontière espagnole. L’aventure est née d'un véritable brainstorming entre les patients, les intervenants et moi-même », raconte le Dr Stephen Ellis, oncologue-radiothérapeute, président de l'Institut de communication et d’information sur le cancer (ICIC) et fondateur de l’association.
« Plus on se spécialise techniquement, plus on risque d'oublier l'humain », résume le Dr Ellis, qui a créé l'association afin d'offrir à ses patients un accompagnement dépassant le seul traitement du cancer. « Il est reconnu que le cancer altère aussi profondément le moral. Le malade a tendance à se concentrer sur son corps alors que le mental est tout aussi important », souligne-t-il.
De l’importance des soins de support
La tête et les jambes propose des soins de support destinés à améliorer la qualité de vie des patients. « Nous offrons des espaces où, en complément des traitements, ils peuvent bénéficier de méditation, de soutien psychologique, d'art-thérapie, d'activité physique adaptée, d'hypnose, de cours de cuisine et de nombreuses autres activités », explique le médecin. Chaque semestre, patients et intervenants se retrouvent afin d'évaluer les actions menées et de faire émerger de nouveaux projets. C'est dans ce cadre qu'est née l'idée du raid.
« En oncologie, plusieurs études ont montré que la pratique d'une activité physique chez les patientes atteintes d'un cancer du sein améliore la survie sans récidive ainsi que la survie globale », rappelle le spécialiste. Selon lui, la prise en charge doit être globale, en intégrant dès le diagnostic les dimensions psychologiques, sociales, familiales et professionnelles. « Ces soins sont devenus essentiels, au même titre que la chimiothérapie ou la radiothérapie. Ils devraient être proposés d'emblée afin d'anticiper les difficultés que peuvent rencontrer les patients. »
Des activités moteurs pour les patients
Il cite l’exemple d’une patiente d'une quarantaine d'années atteinte d'un cancer du col de l'utérus. « Lors de notre première rencontre, elle était totalement mutique. Elle refusait même les traitements. Il fallait longuement négocier pour qu'elle accepte la radiothérapie et la chimiothérapie. » Adressée à La tête et les jambes, elle s'est progressivement ouverte grâce aux activités proposées. « En quelques mois, elle s'est complètement transformée. Aujourd'hui, elle est l'une des locomotives du raid "Faut pas crever". »
L'association accueille quotidiennement patients et intervenants et les nouveaux projets fleurissent : pièce de théâtre, expositions photographiques, ateliers créatifs ou événements sportifs. Le Dr Ellis y consacre en moyenne quinze heures par semaine sur son temps libre. « Pour moi, c'est vraiment essentiel. Les traitements soignent la maladie, mais il faut aussi aider les patients à retrouver l'envie de vivre. »
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