Comme le petit Adam du film réalisé par Valérie Donzelli, « La guerre est déclarée », la majorité des enfants réchappent aujourd’hui à la maladie. Elle reste toutefois la première cause de mortalité par maladie chez les enfants (deuxième après les accidents domestiques). En 30 ans, les chances de guérison d’un cancer de l’enfant sont passées de 30 % à 80 %. Les médecins des 29 centres de la Société française des cancers de l’enfant (SFCE), agréés par l’Institut national du cancer (INCA) soignent chaque année 1 700 enfants, jusqu’à 15 ans, et 700 adolescents : 85 % d’entre eux reçoivent une chimiothérapie, notamment pour les leucémies, majoritaires, et 50 % sont traités par radiothérapie.
Ce taux de guérison élevé s’explique par une meilleure réponse des organismes jeunes aux traitements. « L’âge moyen est de 5 ans : une partie des cancers réagit mieux à la chimiothérapie chez les enfants, leurs organes détoxiquent mieux les médicaments que ceux des adultes et résistent davantage à de plus fortes doses », explique le Pr Pascal Chastagner, chef de service d’oncologie pédiatrique au CHU de Nancy et président du conseil scientifique de la SFCE. Les protocoles élaborés sont également très sécurisés. Selon le Pr Chastagner, 50 % des enfants participent à des essais thérapeutiques, contre 10 à 15 % des adultes. « Comme nous traitons 2 400 cas par an, ce qui est peu comparé aux 350 000 cas adultes, nous travaillons avec des protocoles communs à l’échelle internationale dans le cadre de la Société internationale d’oncologie pédiatrique. Chaque centre ne fait pas ce qu’il veut. » Ces protocoles donnent l’assurance d’avoir été contrôlés par différentes instances comme le comité de protections des personnes, le comité de parents pour la relecture des informations distribuées aux familles ou les conseils scientifiques.
Malgré ces importants progrès, la recherche se heurte à la faiblesse statistique de ces maladies. Les innovations thérapeutiques, à l’échelle européenne, portent sur les médicaments pour adultes, alors que les États-Unis auraient 10 à 20 fois plus de molécules testées pour les enfants. La réduction des séquelles, enjeu spécifique du cancer de l’enfant, souffre également de la modestie de cette population. « Nous devons suivre des cohortes pour déterminer ces séquelles et ensuite éliminer les médicaments les plus toxiques et évaluer l’impact des radiothérapies qui bloquent le développement des tissus sains autour des tumeurs », précise de Pr Chastagner.
La mise en place d’ici quelques mois d’une base virtuelle, nommée HOPE-EPI, rassemblant l’ensemble des données des patients devrait aller dans ce sens, et permettre d’identifier les risques environnementaux et les risques génétiques, ainsi que les effets secondaires des traitements à court et à long termes.
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