Supplémentation en calcium : risques cardiovasculaire et de mortalité accrus chez les DT2 ?

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Publié le 05/02/2024
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L’utilisation habituelle de suppléments de calcium est significativement associée à un risque plus élevé d’événements cardiovasculaires et de mortalité chez les personnes diabétiques, mais pas chez les non diabétiques. Des études supplémentaires sont nécessaires pour équilibrer les effets potentiellement indésirables des suppléments de calcium et leurs bénéfices probables, en particulier chez les patients diabétiques.

Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Les associations entre une supplémentation habituelle en calcium et les événements de maladies cardiovasculaires ainsi que la mortalité ont été examinés de manière prospective chez les personnes avec et sans diabète (1). L’analyse principale a porté sur 434 374 participants de la UK Biobank. 26 374 incidents de maladies cardiovasculaires ont été documentés après un suivi médian de 8,1 ans et 20 526 décès après un suivi médian de 11,2 ans.

Après ajustement multivarié, la supplémentation habituelle en calcium était significativement associée à des risques plus élevés d’incidence de maladies cardiovasculaires (HR = 1,34 [1,14 - 1,57]), de mortalité par maladies cardiovasculaires (HR = 1,67 [1,19 - 2,33]) et de mortalité toutes causes confondues (HR = 1,44 [1,20 - 1,72]) chez les participants diabétiques, alors qu’aucune association significative n’a été observée chez les participants non diabétiques.

Des interactions multiplicatives et additives significatives ont été trouvées entre la supplémentation habituelle en calcium et le statut diabétique sur les risques d’événements cardiovasculaires et de mortalité (tous p interaction < 0,05). En revanche, aucune interaction significative n’a été observée entre le calcium alimentaire ou sérique et le statut diabétique.

Un excès de calcifications

On sait aujourd’hui que les sujets avec un diabète de type 2 (DT2) surtout présentent un excès de calcifications artérielles et du myocarde. D’ailleurs le score calcique est aujourd’hui au centre des investigations de débrouillage des coronaropathies. S’il existe un surrisque d’accentuer le cardiovasculaire des diabétiques, la mortalité cardiovasculaire et toutes causes (+ 34 à + 67 %) par la supplémentation en calcium, mieux vaudra l’éviter.

C’est à discuter chez la femme diabétique ménopausée. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’un excès d’apport de calcium alimentaire ou d’un excès de calcium circulant mais bien d’une supplémentation, qui augmenterait de façon brutale le calcium circulant. Ces données sont quoi qu’il en soit à confirmer par d’autres travaux de recherche. Rappelons que cela n’est pas retrouvé pour la population générale non-diabétique.

(1) Zixin Qiu, et al. Associations of habitual calcium supplementation with risk of cardiovascular disease and mortality in individuals with and without diabetes. Diabetes Care 19 January 2024; 47 (2): 199–207

Pr Serge HalimiProfesseur Émérite, Université Grenoble-Alpes

Source : lequotidiendumedecin.fr