LA COHORTE LEA est une cohorte prospective initialement constituée dans deux centres (Nancy et Marseille) puis progressivement étendue à 12 CHU français ; elle concerne des patients traités dans leur enfance, après 1980, pour une leucémie aiguë. L’objectif de LEA est d’évaluer le devenir à moyen et à long terme de ces patients, sur le plan de la santé, de la qualité de vie, de l’insertion professionnelle…
Cette cohorte, qui a été intégrée dans un PHRC (programme hospitalier de recherche clinique) en 2005, comptait, en septembre 2011, 1 408 patients qui avaient eu une évaluation complète avec un recul médian de douze ans par rapport au diagnostic. Le but est de constituer d’ici 2013 une base de données de 3 000 patients. Parmi les différents paramètres pris en compte dans la cohorte, deux illustrent l’un le volet santé physique, l’autre celui concernant la qualité de vie.
Les oncologues ont remarqué de longue date que les enfants guéris d’un cancer ont une certaine tendance à l’obésité. La cohorte LEA rapporte une incidence élevée de syndrome métabolique, estimé à 9,24 %, donc particulièrement importante en regard de l’âge moyen (25 ans) des patients de la cohorte. Ce risque est modulé par le traitement. Il est ainsi de 5 % chez les patients traités par greffe de cellules souches hématopoïétiques sans irradiation ; il atteint 11 % en cas de greffe avec irradiation du système nerveux central et 18,6 % lorsque la greffe est associée à une irradiation corps entier.
La qualité de vie, autre donnée de cette cohorte, a été évaluée en regard du traitement - chimiothérapie seule ou chimiothérapie et greffe de cellules souches hématopoïétiques. Les données montrent que la greffe de cellules souches qui provoque plus souvent des séquelles physiques semble en revanche avoir relativement peu d’impact sur la qualité de vie. Seuls les domaines physiques de la qualité de vie sont affectés ; les domaines psycho-sociaux sont épargnés. Toutefois il semble que ces domaines psycho-sociaux de la qualité de vie soient atteints quel que soit le traitement, si l’on compare les adultes guéris d’une leucémie de l’enfance à la population générale.
La constitution de cohortes prospectives de grande envergure de patients qui survivent à un cancer est un enjeu majeur pour améliorer à la fois la prise en charge médicale des patients et la recherche.
D’après une communication du Pr Gérard Michel (CHU la Timone, Marseille) lors de la Première conférence nationale sur la recherche en cancérologie pédiatrique organisée par la Fédération enfants et santé et la Société française de lutte contre les cancers et les leucémies de l’enfant et de l’adolescent (SFCE).
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