NÉOPLASIE myéloproliférative, la myélofibrose peut être soit primitive, dite idiopathique (splénomégalie myéloïde) soit secondaire à une thrombocytémie essentielle ou à une polyglobulie de Vaquez. Elle se caractérise par une fibrose médullaire, une anémie progressive et une hématopoïèse extramédullaire, qui se manifeste principalement par une splénomégalie. Les symptômes sont des sueurs nocturnes, une perte de poids, un prurit et une fatigue. La médiane de survie au moment du diagnostic est de quatre ans pour les patients dont le risque est intermédiaire et de deux ans pour ceux dont le risque est élevé.
En dehors de la transplantation de cellules souches allogéniques, le traitement est palliatif et ne cible pas l’anomalie caractéristique de la myélofibrose, à savoir la dysrégulation de JAK (Janus kinase).
En 2005, en effet, on a identifié une mutation gain de fonction JAK2V617F, qui est présente chez environ 50 % des patients atteints de myélofibrose.
C’est alors qu’a été évalué un puissant inhibiteur oral de JAK1 et 2, connu sous les noms de code INC424 et INCB18424, et maintenant sous le nom de ruxolitinib et approuvé dans le traitement de la myélofibrose de risque intermédiaire ou élevé.
Dans des essais de phase I-II, le ruxolitinib a été associé à un gain de poids, une réduction rapide et marquée de la taille de la rate et une réduction de symptômes débilitants.
Ce sont maintenant les résultats d’une phase III (COMFORT-II) qui sont publiés dans le « New England Journal of Medicine » ; dans ce nouveau travail, dont un des signataires est le Français Jean-Jacques Kiladjian (hôpital Saint-Louis, Paris), le ruxolitinib a été comparé avec « les meilleurs traitements existants » : principalement des antinéoplasiques (51 % -le plus souvent de l’hydroxyurée: 47 %) et des glucocorticoïdes (16 %) ; 30 % des patients ne recevant toutefois aucun traitement.
Ainsi, 219 patients ayant une myélofibrose de risque intermédiaire ou élevé (post-polyglobulie ou post-thrombocytémie essentielle) ont reçu soit le ruxolitinib oral (15 mg deux fois par jour chez 38 % ; 20 mg deux fois par jour chez 62 %) soit le meilleur traitement existant. Le critère principal ou les critères secondaires clés étaient respectivement le pourcentage de patients ayant au moins une réduction de 35 % du volume splénique (mesure par IRM ou scanner) à la semaine 48 (S48) et à la semaine 24 (S24).
Au total, 28 % des patients du groupe ruxolitinib avaient au moins une réduction de 35 % du volume de la rate à S48, contre 0 % dans l’autre groupe. Les pourcentages correspondant à S24 étaient 32 % et 0 %.
À S48, la longueur moyenne palpable de la rate avait diminué de 56 % sous ruxolitinib mais avait augmenté de 4 % dans l’autre groupe.
La durée médiane de réponse sous ruxolitinib n’a pas été atteinte, avec 80 % des patients ayant encore une réponse au bout d’un suivi moyen de douze mois.
Les patients du groupe ruxolitinib avaient une amélioration globale de la qualité de vie et une réduction des symptômes associés à la maladie.
Les anomalies hématologiques de grade 3 ou plus les plus fréquentes dans les deux groupes étaient une thrombopénie ou une anémie, qui ont été prises en charge par une réduction des doses, l’interruption du traitement ou une transfusion.
Claire Harrison et coll. New England Journal of Medicine du 1er mars 2012, pp. 787-98.
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