Août 1939. Au bord de la guerre, l’Angleterre se prépare à faire face à des raids aériens. À l’hôpital Saint-Thomas, on envoie les médecins les plus jeunes à la banque de sang du sud de Londres. Mission : collecter et stocker du sang. Parmi eux, Patrick Loudon Mollison, 25 ans. À l’époque, la solution utilisée pour la conservation du sang est composée de citrate de trisodium et de dextrose. Afin d’éviter une caramélisation lorsque les deux composants sont autoclavés ensemble, ils le sont séparément puis mélangés. Avec Maureen Young, Mollison a l’idée d’acidifier la solution de conservation. Ils mettent au point une formule, dite ACD, qui donne de bons résultats. C’est un gros progrès, comme le souligne Dame Marcela Contreras : « Avant, il fallait utiliser une grande quantité d’anticoagulant, environ le double du volume du sang recueilli. » Avec le conservateur ACD, « il n’est plus nécessaire d’autoclaver le glucose séparément, vous n’avez besoin que d’un bien plus petit volume et au lieu de pouvoir stocker le sang pendant trois ou quatre jours, vous pouvez le conserver trois semaines. ACD a été adopté dans le monde entier et utilisé pendant plus de trente ans ».
Autres domaines où Mollison s’est distingué : il a été le premier en Grande-Bretagne à faire une exsanguino-transfusion par le cordon pour une incompatibilité Rhésus ; il a travaillé sur la conservation du sang par le froid ; et avec Cutbush, en 1950, il a identifié le groupe Duffy.
Patrick Loudon Mollison s’est éteint le 26 novembre 2011.
The Lancet du 11 février 2012, p. 514.
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