Myasthénie auto-immune généralisée : Vyvgart disponible par voies IV et sous-cutanée

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Publié le 25/10/2024
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Vyvgart (efgartigimod alfa) du laboratoire argenx est un nouveau traitement qui agit sur la cause physiopathologique de la myasthénie auto-immune généralisée, en ciblant les auto-anticorps antirécepteurs de l’acétylcholine (RACh). Il est remboursé depuis le 15 octobre.

Les muscles oculaires sont les premiers touchés dans la myasthénie

Les muscles oculaires sont les premiers touchés dans la myasthénie
Crédit photo : CC BY-SA 3.0

Le laboratoire argenx, une société de biotechnologie internationale, lance en France Vyvgart (efgartigimod alfa) 1 000 mg en solution injectable pour administration sous-cutanée. Le médicament pour perfusion par voie intraveineuse (IV) est autorisé en Europe depuis août 2022. Il vient d’obtenir son remboursement par l’Assurance-maladie (à hauteur de 65 %) pour les deux voies d’administration à la suite d’un arrêté publié dans le Journal officiel du 15 octobre.

Environ 15 000 personnes en France seraient touchées par la myasthénie auto-immune généralisée qui relève de la filière maladies rares Filnemus. C’est une maladie médiée par la présence d’auto-anticorps dirigés contre les récepteurs de l’acétylcholine (RACh) au niveau de la jonction musculaire (dans plus de 80 % des cas) ou contre la protéine tyrosine-kinase du muscle (Musk).

Les anticorps anti-RACh perturbent la neurotransmission. Les patients présentent une faiblesse musculaire fluctuante dans le temps, au caractère imprévisible difficile à gérer. Les muscles oculaires sont touchés en premier puis la maladie se généralise (muscles de la gorge, des membres, respiratoires…) chez près de 90 % des patients après un an. La prise en charge repose sur un traitement symptomatique (anticholinestérasiques), un traitement des poussées (plasmaphérèses, immunoglobulines polyvalentes) et un traitement de fond (corticoïdes et/ou immunosuppresseurs). « La population des patients myasthéniques est souvent âgée et du fait de leurs comorbidités, ces personnes sont plus fragiles et peuvent présenter des contre-indications à de tels traitements », déclare la Dr Emmanuelle Salort-Campana (CHU La Timone, Marseille).

Un mécanisme d’action original

L’efgartigimod alfa est un fragment d’anticorps IgG humain (fraction constante ou Fc) dont la structure a été conçue pour renforcer l’affinité avec le récepteur néonatal du Fc (FcRn). En se liant spécifiquement aux FcRn, l’efgartigimod entraîne une réduction des taux d’IgG circulantes, incluant les auto-anticorps IgG pathogènes (anticorps anti-RACh). Très ciblée, l’action des anti-FcRn se différencie de celle des immunosuppresseurs classiques qui freinent l’ensemble du système immunitaire.

Vyvgart 20 mg/ml, solution à diluer pour perfusion IV est indiqué en association au traitement standard chez les patients adultes atteints de myasthénie auto-immune généralisée et présentant des anticorps antirécepteurs de l’acétylcholine. Il est positionné en première intention en addition à la prise en charge standard, incluant les immunosuppresseurs de première ligne, chez les patients restant symptomatiques malgré un traitement bien conduit. Son efficacité a été démontrée dans l’étude Adapt. Vyvgart améliore la capacité à effectuer des activités quotidiennes (score MG-ADL) chez plus de deux tiers des patients.

Après une initiation à l’hôpital (premier cycle de quatre injections hebdomadaires et première injection du deuxième cycle), la nouvelle forme, Vyvgart 1 000 mg, solution injectable par voie sous-cutanée, présente l’avantage de permettre une gestion du traitement à domicile (avec une infirmière ou en auto-administration). L’étude Adapt SC a montré la non-infériorité de cette présentation par rapport à Vyvgart par voie IV.

Conférence de presse du laboratoire argenx


Source : Le Quotidien du Médecin