Cécité cornéenne

Prothèses artificielles et thérapie cellulaire ouvrent le champ des possibles

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Publié le 19/12/2016
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greffe cornee

greffe cornee
Crédit photo : PHANIE

Environ huit millions de personnes sont concernées dans le monde. En France, 4 000 patients chaque année bénéficient d'une allogreffe de cornée humaine, avec de très bons résultats visuels.

Certains toutefois n'ont pas de solution thérapeutique, soit en raison de rejets successifs, soit parce qu'ils ne sont pas éligibles à la greffe, en particulier lors d'atteintes cornéennes très importantes secondaires à une pemphigoïde cicatricielle (une dermatose bulleuse auto-immune) ou des brûlures. À ces personnes ayant subi des rejets répétés de greffe, on peut proposer désormais la mise en place d'une cornée artificielle, ou kératoprothèse de Boston.

Un recul de 25 ans

Peu utilisée en France (davantage aux États-Unis), la technique, marquée CE en 2013, donne de bons résultats, à l'image d'une greffe de cornée, pour un coût raisonnable (de l'ordre de 2 500 euros). Autre possibilité, destinée aux patients dont la surface oculaire est très abîmée et donc la kératoprothèse de Boston inenvisageable, l'ostéo-odonto-kératoprothèse. À ce jour, plus de 180 patients ont subi cette intervention dans le monde, avec un recul de 25 ans pour certains. Il s'agit d'une prothèse mixte os-dent-PMMA (polyméthacrylate de méthyle), qui met à profit la stabilité dans le temps de la dentine. En pratique, elle nécessite le prélèvement d'une dent avec une bande de tissu osseux maxillaire. Celle-ci est préparée pour recevoir le cylindre en PMMA, puis implantée pendant trois mois dans la joue du patient pour favoriser vascularisation et fibrose. La prothèse est ensuite insérée dans la partie antérieure de l'œil, ce qui permet au patient de récupérer plusieurs dixièmes d'acuité visuelle. Quelques dizaines de patients par an en France sont concernés par cette opération très technique, réalisée par une équipe en France (en l'occurrence, l'hôpital de la Timone à Marseille).

Dr Brigitte Blond

Source : Le Quotidien du médecin: 9544