Variations de poids, modification de la fréquence cardiaque ou de la tension artérielle, changement de la tension artérielle… Les altérations cardiométaboliques et physiologiques induites par les antidépresseurs peuvent pousser certains patients à interrompre leur traitement. Si ces effets n’influent pas sur les symptômes dépressifs, ils sont néanmoins à discuter avec le patient avant la prescription pour favoriser l’observance, plaident les auteurs d’une revue systématique et une méta-analyse publiées dans The Lancet.
Cette étude compile les données de 151 essais cliniques et de 17 rapports de l’agence américaine de sécurité du médicament sur les effets de 30 antidépresseurs au cours d’un traitement d’une durée moyenne de huit semaines. L’analyse a porté sur les données de 58 534 participants (âge moyen de 44,7 ans) : 41 937 traités par antidépresseurs et 16 597 traités par placebo.
Sur la fréquence cardiaque, une différence de plus de 20 battements par minute est observée, avec une diminution d'environ 8 battements par minute pour la fluvoxamine (Floxyfral) et une augmentation de 14 battements par minute pour la nortriptyline (Aventy, nom commercialisé en France). Concernant la tension artérielle, la variation est de plus de 10 mm Hg (avec une baisse d'environ 7 mm Hg pour la nortriptyline et une hausse de 5 mmHg pour la doxépine [Quitaxon]). Sur le poids, certains antidépresseurs, comme la maprotiline (Ludiomil) et l'amitriptyline (Laroxyl), sont associés à une prise de poids chez près de la moitié des patients, tandis que d'autres, tel l'agomélatine (Valdoxan), sont associés à une perte de poids chez 55 % des patients.
Des effets variables aussi selon les caractéristiques du patient
Certains traitements sont par ailleurs associés, malgré une diminution du poids corporel, à une hausse du cholestérol total (paroxétine [Deroxat], duloxétine [Cymbalta], desvenlafaxine [Pristiq, non commercialisé en France], venlafaxine [Effexor]) ou de la glycémie (duloxétine). D’autres résultats sont moins significatifs, par exemple la duloxétine, la desvenlafaxine et le lévomilnacipran [Fetzima, non commercialisé en France] tendent à augmenter les concentrations d'ASAT, d'ALAT et de phosphatases alcalines.
Certaines de ces modifications sont amplifiées par les caractéristiques des patients. Un poids initial élevé conduit ainsi à des augmentations plus importantes de la pression artérielle systolique, des ALAT et ASAT. Les hausses de glycémie sont aussi plus élevées quand l’âge est plus avancé.
Les auteurs n’ont en revanche pas trouvé de données probantes sur des évolutions de l'intervalle QTc ni sur des modifications des concentrations de sodium, de potassium, d'urée et de créatinine. De même, aucun effet majeur n’est relevé sur la fonction rénale ou hépatique, les taux d'électrolytes ou le rythme cardiaque.
Ces éléments sont à prendre en compte dans le choix de l'antidépresseur, soulignent les auteurs, insistant sur le caractère individuel de la prescription selon le tableau clinique et les préférences des patients.
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