Un traitement par inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (iSLGT2) serait associé à une diminution du 11 % du risque de maladies auto-immunes rhumatologiques par rapport aux sulfamides (sulfonylurées). C’est ce que retrouve une étude rétrospective incluant les données de 2 032 157 patients sud-coréens atteints de diabète de type 2 traités soit par iSGLT2 (n = 552 065), soit par sulfamides (n = 1 480 092) entre 2012 et 2022 (service national d’assurance-maladie coréen).
Des études antérieures avaient montré que les iSGLT2 pouvaient inhiber la réponse immunitaire de l'organisme, plus particulièrement la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires impliquées dans la pathogenèse de maladies rhumatologiques et la modification de macrophages, mais la traduction clinique de ces effets était jusqu’alors incertaine.
Forts de ces résultats publiés dans le British Medical Journal (BMJ), les auteurs avancent une « pertinence clinique des effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs des iSGLT2 », sans certitude ferme toutefois au vu « du design de l’étude, du temps de suivi relativement court et de facteurs non mesurés ». Ils soulignent ainsi la nécessité de reproduire ces observations dans d'autres populations et contextes (par exemple chez des patients atteints de maladies auto-immunes rhumatologiques).
Un effet protecteur plus marqué dans le rhumatisme psoriasique
Au cours d'un suivi médian de 9 mois, le taux d'incidence pour 100 000 personnes-années de maladies auto-immunes rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondylarthrite, lupus érythémateux disséminé, maladie de Sjögren, sclérose systémique, myopathie inflammatoire idiopathique, connectivites, pseudopolyarthrite rhizomélique, vascularites) était de 51,9 chez les patients prenant des iSGLT2 contre 58,4 chez ceux prenant des sulfamides, soit un risque 11 % plus faible. Cette diminution était retrouvée dans tous les sous-groupes (âge, sexe, type d’iSGLT2, maladies cardiovasculaires et obésité). Par maladie, l’effet protecteur des iSGLT2 était plus marqué dans le rhumatisme psoriasique et moins marqué dans les maladies auto-immunes systémiques.
Les chercheurs ont également mené des analyses exploratoires pour comparer l’effet des iSGLT2 sur le risque de maladies auto-immunes rhumatologiques par rapport au dipeptidyl peptidase-4 (DPP4), aux glitazones et aux analogues du GLP-1 (aGLP-1). Comparés aux DPP4, les iSGLT2 étaient associés à un risque 21 % plus faible. En revanche, il semble que les aGLP-1 soient un peu plus protecteurs que les iSGLT2 (HR = 1,61).
Une taille d’échantillon bien petite
« Bien que cette étude ne soit pas susceptible, à elle seule, de changer les pratiques, il s'agit de la première publication complète suggérant que les iSGLT2 réduisent le risque de maladies rhumatismales auto-immunes, ont ainsi commenté les Drs Derin Karacabeyli et Diane Lacaille dans un éditorial du British Medical Journal. Elle jette les bases de recherches futures et fournit les premières preuves en faveur d’une raison de plus d'utiliser un iSGLT2 plutôt qu'un sulfamide pour la prise en charge du diabète de type 2 ».
Pour les Drs Karacabeyli et Lacaille, la rareté des maladies auto-immunes rhumatologiques en population générale (7 %) appelle à la prudence. « Les résultats étudiés (maladies auto-immunes rhumatologiques) étant rares, les différences de risque absolu étaient faibles et le nombre de patients à traiter était élevé. Les implications pratiques de ces résultats doivent être interprétées dans cette optique. Pour prévenir une maladie rhumatismale auto-immune, plus de 15 000 adultes atteints de diabète de type 2 devraient être traités avec un iSGLT2 plutôt qu'avec un sulfamide pendant un an », illustrent-ils. Et de rajouter que des études similaires seraient intéressantes à mener avec les aGLP-1, ces derniers ayant aussi « des propriétés immunomodulatrices bénéfiques ».
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