Alors qu'a été présentée la stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance (2020-2022) par le secrétariat d’État en charge de ce sujet, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France consacre un numéro spécial aux maltraitances. On manque de données épidémiologiques fiables et exhaustives sur ce sujet particulièrement dramatique. Avec cependant ces chiffres : « chaque année, environ 50 000 plaintes pour violences physiques sur enfant sont déposées et 20 000 pour agressions sexuelles », indique le BEH. Et en 2017, d’après l’Observatoire national de la protection de l’enfance, 67 enfants sont décédés de mort violente au sein de la famille.
Une étude nationale rétrospective inédite montre que les nourrissons de 1 mois à 1 an, hospitalisés pour maltraitance physique correspondent à 0,24 % à 0,63 % de tous les enfants hospitalisés de cette tranche d’âges. Les sévices et traumatismes sont tels que lors de la première hospitalisation, le pourcentage de décès est 40 fois plus élevé par rapport aux autres enfants du même âge présentant des lésions traumatiques non intentionnelles.
Un autre article du BEH sur les cas probables et possibles des traumatismes crâniens provoqués par secouement montre que les hospitalisations qui y sont liées s’observent surtout durant les 5 à 6 premiers mois, avec une prédominance (> 60 %) pour les jeunes garçons.
Conséquences psycho-affectives et somatiques
A côté de ces événements traumatiques particulièrement graves, ces violences ont aussi souvent des conséquences à long terme. Les données de la littérature montrent que les enfants subissant des maltraitances présentent davantage de problèmes socio-affectifs ou comportementaux : troubles dépressifs, alimentaires, anxiété, consommation importante d’alcool et de drogue, etc. Des conséquences sur le plan cognitif ont été aussi identifiées : ralentissement du développement du langage, baisse des niveaux scolaires. Mais il a aussi été avancé des répercussions sur la santé physique. Ainisi « certaines maladies chroniques telles que l’asthme, les maladies cardio-respiratoires ou encore le diabète peuvent aussi être causés ou aggravés et peuvent perdurer jusqu’à la l’âge adulte », souligne le BEH, même si ces données doivent être interprétées avec prudence.
Parmi les trente mesures phares présentées dans la stratégie de prévention et de protection de l’enfance (2020-2022), l’une d’elles est de garantir la sécurité des enfants protégés et prévenir les risques de maltraitance, élaborer d’ici 2022 un référentiel national de contrôle des lieux d’accueil et de protection de l’enfance doté de critères communs objectivant la qualité des prises en charge.
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