Le syndrome de mort subite arythmique (SADS) est précédé de signes qui, s’ils sont reconnus et détectés, pourraient contribuer à prévenir ces décès prématurés, selon une étude présentée au congrès sur la prévention de la Société européenne de cardiologie (ESC Preventive 2025).
« Le SADS n'a pas été bien évalué bien qu'il soit l'une des causes sous-jacentes les plus courantes de mort subite d'origine cardiaque chez les jeunes, y compris les jeunes athlètes », explique la Dr Matilda Frisk Torell, de l’Université de Göteborg (Suède), qui a exposé l’étude au congrès. « Nous avons analysé une vaste cohorte de cas de mort cardiaque subite en Suède afin de décrire l'incidence des SADS et de caractériser les événements fréquents survenus avant le décès afin de mettre en évidence les possibilités de prévention ». Ce travail, qui s’appuie sur l’étude Suddy publiée dans le British Medical Journal en mai 2022, a été présenté ce 4 avril 2025 en poster au congrès de l’ESC Preventive 2025 (Madrid).
Des symptômes avant le décès dans plus de la moitié des cas
L’étude a porté sur la cohorte Suddy, qui recense 903 cas de mort subite d'origine cardiaque survenus chez des jeunes âgés de 1 à 36 ans en Suède entre 2000 et 2010. Le SADS représentait 22 % de l'ensemble des morts subites d'origine cardiaque et concernait dans 67 % des cas un homme (âge médian de 23 ans). La mort subite est survenue au cours d'une activité quotidienne dans 42 % des cas, pendant le sommeil dans 38 % des cas et au cours d’une activité physique dans 12 %.
Concernant les signes avant-coureurs, une hospitalisation ou une consultation médicale dans les 180 jours précédant le décès avait été signalée dans 33 % des cas de SADS contre 24 % des témoins ; 4,2 % des cas avaient déjà été hospitalisés pour une syncope (contre 0,41 %) et 3,5 % d’entre eux l’avaient été hospitalisés pour convulsion (contre 0,14 %). De plus, 11 % des SADS avaient une maladie arythmique connue et 18 % un ECG pathologique (le plus fréquemment une pré-excitation). Enfin, 52 % des cas avec SADS avaient présenté des symptômes à type de palpitations, syncope, nausées/vomissements et signes infectieux. Au total, 17 % des cas avaient déjà fait l'objet d'un diagnostic psychiatrique et 11 % avaient reçu des médicaments psychotropes.
Maladies et traitements psychiatriques, des facteurs de risque
Selon les auteurs, « une meilleure connaissance des signes et symptômes qui peuvent précéder le SADS, tels que la syncope, les épisodes de type épileptique et la pré-excitation » permettrait d'identifier les jeunes à risque lors des visites médicales, notamment chez les jeunes athlètes avant la compétition.
Ils soulignent également que les maladies et traitements psychiatriques sont des facteurs de risque de SADS, ainsi que les symptômes gastro-intestinaux et les maladies infectieuses peuvent être déclencheurs chez des individus prédisposés.
Une étude de cas sur 50 vidéos de sportifs
Une étude italienne (Ungaro S et al.) présentée dans la même session de poster au congrès de l’ESC Preventive 2025 (Madrid) a analysé 50 vidéos d’athlètes (98 % d’hommes) victimes d’un arrêt cardiaque soudain durant la pratique sportive. Les auteurs relèvent que 70 % des cas d’arrêt cardiaque surviennent au cours d'un effort d'intensité faible à modérée. Avant qu’ils ne s’effondrent, 28 % ont trébuché, 26 % titubé, 20 % appuyé leurs mains sur les genoux et 18 % se sont mis à marcher. Lorsqu'ils étaient visibles, les yeux étaient ouverts dans 100 % des cas, le regard fixe ou tourné vers l'arrière. Dans 100 % des cas, les mouvements respiratoires se poursuivaient ou le patient haletait après l'effondrement. Chez les jeunes athlètes (< 35 ans), aucun camarade n'a initié de réanimation cardiopulmonaire. L'utilisation précoce d'un défibrillateur automatique était le facteur de survie le plus important (86 % des 21 cas de survie).
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