Désormais des tests à réaliser au cabinet

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Publié le 20/11/2020
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Les généralistes peuvent désormais participer au dépistage des cas de Covid-19 en utilisant les tests antigéniques mis à leur disposition. Mais semblent pour l’heure peu enclins à se lancer.

Critiquée, la stratégie de dépistage massif adoptée par la France a montré ses limites, avec de trop longs délais de résultats et un traçage chaotique des cas contacts. Le gouvernement ne déroge cependant pas à son triptyque « tester, tracer, isoler ». 2,27 millions de tests RT-PCR ont été effectués entre le 2 et le 8 novembre 2020, selon le ministère de la Santé. En plus des laboratoires de biologie médicale, les pouvoirs publics entendent s’appuyer sur les pharmaciens, infirmiers et généralistes pour réaliser les nouveaux tests antigéniques, au cabinet ou au domicile du patient. Délivrés gratuitement par les officines aux médecins, ces tests remboursés aux patients par la Sécu reposent sur un prélèvement naso-pharyngé et présentent l’avantage de fournir un résultat en quinze à trente minutes.

Ils devront être « prioritairement réservés aux personnes symptomatiques » et « utilisés dans les quatre jours après l’apparition des symptômes », préconise un arrêté paru mardi au JO. Ce texte ouvre l’accès aux tests antigéniques aux personnes symptomatiques de plus de 65 ans et à celles présentant au moins un facteur de risque. En cas de résultat négatif, ces sujets plus vulnérables se verront recommander de confirmer ce résultat par un examen de détection du génome du SARS-CoV-2 par RT-PCR.

Peu de candidats pour l’instant

Les résultats positifs comme négatifs doivent être enregistrés dans le système d’information de dépistage (SI-DEP) le jour même. Les généralistes toucheront de 46 à 86 euros si le test antigénique est positif (cotation C2+MIS=76 euros au cabinet ou V2+MD+MIS=86 euros en visite. Les médecins de famille sont-ils pour autant prêts ? Pas certain. Selon une enquête de MG France, seuls 44 % des 1 609 médecins ayant répondu envisageaient de réaliser ces tests. Les praticiens récalcitrants arguaient principalement de l’absence de local adéquat (48 %), du sentiment que « ce n’est pas leur job » (30 %), ou encore de l’absence d’EPI disponibles (21 %).

De nombreux médecins ont par ailleurs signalé au Généraliste leurs difficultés à se procurer ces tests antigéniques en officine.


Source : lequotidiendumedecin.fr