Plus de 300 familles réunies au sein de l'association Adikia (soutien aux victimes de faux diagnostics de maltraitance) demandent l'abrogation des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2017 et 2011 sur le syndrome du bébé secoué (SBS), dans une lettre adressée à Dominique Le Guludec, Présidente du collège de la HAS, par l'avocat représentant ces familles.
Cette association dénonce « les ravages que provoquent sur les familles les fausses accusations de maltraitance posées sur la base des recommandations de la HAS ». Le communiqué de presse produit par Audikia souligne que ces familles« vivent au quotidien un calvaire inconcevable : retrait de leur bébé pendant des années, séparation forcée des couples, poursuites criminelles, condamnations ».
Une clé de voûte de toute la chaîne pénale
Manifestement, ces guidelines font grande autorité au-delà de l'univers purement médical ! Ces familles soulignent en effet que ces recommandations forment « une clé de voûte de toute la chaîne pénale dans les dossiers de "bébés secoués", du signalement aux expertises en passant par les interrogatoires de police ». D'ailleurs dans la publication de 2017, la HAS souligne clairement que « cette recommandation est dédiée au diagnostic et au traitement juridique du SBS ».
Ce qui est surtout reproché à ces guidelines est que les nombreuses causes médicales des symptômes du SBS n'y seraient à peine ou pas mentionnées, et que beaucoup de biais et d'erreurs scientifiques y apparaîtraient. L'association rappelle également que le diagnostic de SBS fait l'objet de nombreuses controverses scientifiques et médico-légales au niveau international. Autre grief formulé par l'avocat : les recommandations HAS de 2017 ont été pilotées par cinq experts, « dont aucun n'est spécialisé en neurologie pédiatrique ».
Le sujet est aujourd'hui d'autant plus complexe que le gouvernement, par la voix de son secrétaire d'État à la protection de l'enfance, Adrien Taquet, a clairement mis en avant sa volonté de s'attaquer aux maltraitances faites aux enfants. Sur cette question douloureuse et complexe, la parole des familles accusées à tort devra manifestement être entendue.
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