LE RÉSULTAT du premier tour est tout à fait conforme à ce que l’on pouvait en attendre au vu des sondages qui l’ont précédé. L’abstention a été très forte (plus de 40 %) ; il n’y aura pas de cohabitation ; il y aura une majorité absolue de gauche, mais pas exclusivement socialiste. Le PS s’alliera à EELV pour appliquer son programme. Le président François Hollande est d’ores et déjà assuré, sauf retournement brutal de l’opinion, de gouverner sur la seule base de ses propositions.
L’UMP et le Nouveau Centre se consolent donc comme ils peuvent. Ils ne pourront pas s’opposer aux lois du gouvernement socialiste, même s’ils continuent à les critiquer. Bien que, pour l’UMP, qui fait jeu égal avec le PS, le danger d’une « implosion » du parti semble écarté, l’indiscutable défaite et une guerre des chefs qui a déjà commencé vont poser à l’ensemble de la droite divers problèmes d’adaptation et de réorganisation. La question la plus importante pour l’UMP, c’est la durée du basculement de l’opinion depuis 2007, qui a inversé le rapport de forces entre droite et gauche.
Quelques soufflés retombent.
Les phénomènes propres à l’élection présidentielle se sont largement atténués lors du premier tour des législatives : le score du Front national est inférieur de plus de quatre points à celui de Marine Le Pen. Le score du Front de gauche est presque la moitié de celui de Jean-Luc Mélenchon (lequel est largement battu par Marine Le Pen au premier tour). Le score anormalement bas d’Eva Joly a été doublé par EELV. Le taux d’abstention a été multiplié par deux. Toutes choses, il est vrai, qui étaient prévues. Quatre tours de scrutin en deux mois, c’est excessif. En tout cas, cela sollicite exagérément le civisme des Français. Il semble, en outre, que les triangulaires seront moins nombreuses que l’on croyait lors du second tour, le FN n’ayant fait une percée qu’à Hénin-Beaumont et à Carpentras (il serait étonnant qu’il ait plus de trois élus, ce qui serait quand même une première depuis 1986).
UN PREMIER TOUR QUI N’A APPORTÉ AUCUNE SURPRISE
Le président du MoDem, François Bayrou, en ballottage très défavorable dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, n’ignorait rien de ce qu’il attendait. Le nombre de ministres socialistes qui se sont présentés aux législatives et risquent d’être battus sera faible ou nul. De la même manière, les ténors de l’UMP ne devraient pas perdre leurs sièges pour la plupart. Par exemple, François Fillon et Jean-François Copé semblent assurés d’être élus. Tous ces éléments témoignent du manque d’enthousiasme des Français pour les législatives. Le premier tour n’apporte aucune surprise, sinon à la marge des rapports de force. Les extrêmes ne sortent pas renforcés de la consultation, on n’a assisté à aucun coup de théâtre. Pourtant, la situation économique, financière et sociale du pays mérite un choix « franc et massif » du peuple en faveur d’une méthode claire à mettre en œuvre pour sortir le pays de l’ornière. À observer le taux d’abstention (et même la relative indifférence des médias), on devine que les Français n’ont pas vraiment mesuré l’enjeu que représente la crise de l’euro. Ils ont voté pour obtenir le changement. Pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Pour que la gauche leur apporte soutien, soulagement, espoir. Ce travail, M. Hollande, M. Ayrault et les ministres le font fort bien. Il demeure que, après le second tour, il faudra bien passer à quelques besognes urgentes et déplaisantes.
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