Un GPS dans la prostate ! Voilà une drôle d'implantation que propose l'Institut de Cancer de Montpellier (ICM) au patient atteint d'une tumeur au niveau de cet organe génital. L'image est pourtant à peine dévoyée.
L’ANSM a octroyé aux équipes du Pr David Azria, oncologue radiothérapeute, une autorisation d'utiliser un nouveau dispositif médical du laboratoire Varian, baptisé Calypso, dans le cadre d'une étude clinique sur 168 patients. Le principe de ce nouveau traitement vise à mieux circonscrire la zone d'irradiation. Il repose sur l'implant de trois grains de cuivre dans la prostate du patient. Jouant le rôle de transpondeurs, ces trois grains transmettent à une tablette branchée à l'accélérateur de radiothérapie, des ondes électromagnétiques permettant de localiser et donc de cibler plus précisément la prostate. « Dans ce type de cancer, nous traitons l'ensemble de la prostate. Or, quand un patient respire, cet organe fait un mouvement de bascule arrière-avant. La conséquence, c'est que des rayons irradient d'autres parties du corps, comme le rectum. Grâce à Calypso, l'accélérateur se met automatiquement en pause quand le rayon s'éloigne de la glande. Avec ce dispositif, la précision est de 3 mm autour de la prostate et du rectum contre, d'ordinaire, une marge de 10 mm autour de la prostate et 5 mm pour le rectum », détaille l'oncologue qui estime : « à 60 % la baisse de la dose de rayon irradiant. »
Grâce à cette autorisation, le praticien entend vérifier par l'étude si un investissement dans cet équipement, sur le papier prometteur, réduit effectivement les effets secondaires, et se révèle judicieux d'un point de vue médico-économique sachant que les 3 grains, ici implantés par des chirurgiens de la clinique mutualiste Beausoleil à Montpellier, coûtent entre 300 et 500 euros.
Utilisé aux États-Unis, en établissement privé, Calypso n'est, à ce jour pas utilisé en Europe, excepté à Montpellier, avance-t-on à l'ICM qui traite quelque 250 cancers de la prostate par an. Pour les besoins de l'étude, qui durera deux ans, 84 patients bénéficieront de ce traitement de huit semaines, quand 84 autres malades suivront un traitement classique de même durée. Selon le Pr Azria, cette technologie pourrait également à l'avenir faire l'objet d'une étude clinique dans le cadre du traitement d'autres cancers tels que ceux du foie et du poumon.
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