Quand et comment vous êtes-vous rendu compte que vos livres avaient du succès ?
Dr Baptiste Beaulieu Je pense que la première fois que ça m’est apparu de manière évidente, c’est quand mon éditeur m’a appelé pour me dire que des gens de pays étrangers voulaient traduire mon premier livre, Les 1001 vies des urgences. Ça me dépassait à l’époque, et ça me dépasse encore aujourd’hui.
Pourquoi cela vous a-t-il étonné ? On écrit généralement pour être lu, non ?
Dr B.B. Je me suis vraiment mis à écrire avec mon blog Alors voilà, et mon objectif était alors simplement de partager des expériences sur le soin. C’était pour moi une période un peu difficile sur le plan personnel, et écrire m’a permis de faire face à un certain malaise. Mais ensuite, quand on m’a proposé d'écrire des livres, l’objectif était évidemment d’être lu. Et ça l’est toujours.
Est-il facile de garder sa liberté face au succès en littérature ?
Dr B.B. Je n’écris pas en pensant en permanence à la meilleure manière de plaire au lecteur. J’estime que ça, c’est le travail de l’éditeur. Et j’ai d’ailleurs la chance d’avoir un éditeur qui ne me met aucune pression là-dessus. J’ai aussi un autre avantage : je n’ai pas besoin de ma plume pour vivre. Si je ne vends que 500 exemplaires de mon prochain livre, je ne serai pas à la rue pour autant.
Justement, avez-vous déjà songé à arrêter la médecine pour vous consacrer à vos lecteurs ?
Dr B.B. J’espère pouvoir garder ma double casquette de médecin et d’écrivain le plus longtemps possible. Ce sont les deux métiers que j’aime depuis que je suis enfant. Je réalise un rêve de gosse, je ne me vois pas cracher dans la soupe.
Cette réussite vous comble-t-elle ?
Dr B.B. J’ai toujours eu un rapport compliqué avec la réussite : j’ai une tendance à penser que je ne mérite pas ce qui m’arrive, que je vole quelque chose à quelqu’un. Quand j’ai appris que j’avais réussi médecine, par exemple, je me suis mis à pleurer. Mes amis ne comprenaient pas. La vérité, c’est que j’ai une très mauvaise opinion de moi-même. J’ai donc en permanence le sentiment d’être un imposteur. Même au cabinet, j’ai l’impression de singer le médecin.
Pouvez-vous nous dire un mot sur votre prochain roman ?
Dr B.B. J’aime produire des objets bizarres. Celui-là sera à mi-chemin entre le roman et le document historique. J’y travaille beaucoup, et cela me prend pas mal de temps. Le livre devrait sortir en octobre ou novembre 2018.
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