« L’an dernier, il y a eu une explosion sur un bateau sur le port : il y avait une victime projetée en mer, trois autres brûlées, je suis intervenu le temps que les hélicos arrivent pour me renforcer. Dans ces cas-là, vous devez fermer le cabinet sans avoir le temps de tout expliquer aux vingt personnes qui attendent dans votre salle d’attente… Ce jour-ci, l’hélico est arrivé dans l’heure, mais parfois, la nuit, on peut l’attendre trois heures ! » Voilà le genre d’aventure qui peut arriver au Dr Nicolas Contie, généraliste sur l’île de Porquerolles. Un exercice exigeant – « un peu comme en station de ski », précise-t-il – qui demande beaucoup d’autonomie, mais qui réserve aussi des plaisirs très particuliers.
Au départ, pourtant, rien ne prédisposait Nicolas Contie à l’insularité. Après son externat à Toulouse, il choisit la faculté de Marseille pour son internat. « Cela me permettait d’aller sur les îles, mais aussi dans les Alpes », explique-t-il. Cet amoureux de voile et de nature passe un DES de médecine générale puis un Desc de médecine d’urgence, et exerce notamment aux urgences et au Smur de l’hôpital d’Hyères… Il effectue également des remplacements à Porquerolles, auprès de son futur prédécesseur, le Dr Lentz. Quand celui-ci prend une pré-retraite bien méritée en 2024, c’est donc tout naturellement que Nicolas Contie jette l’ancre à Porquerolles.
Isolement et saisonnalité
« On fait une médecine un peu isolée, on est propharmacien et on fait des actes infirmiers car il n’y a pas ni pharmacien ni infirmier sur l’île, on est médecin correspondant du Samu et on est donc équipé en conséquence », énumère le généraliste. L’exercice se caractérise également par une forte saisonnalité. « On a une grande part d’activité avec des gens qu’on ne voit qu’une fois, pour de la traumatologie, des infections urinaires, etc., décrit-il. Pour les locaux, en revanche, c’est différent, on est souvent leur médecin traitant, on les connaît bien… »
En résumé, il s’agit selon Nicolas Contie d’une « expérience médicale et humaine très enrichissante », mais qui nécessite des prérequis, notamment la formation de médecin correspondant du Samu. Par ailleurs, la charge de travail est immense, et c’est bien pour cela que Nicolas Contie est content de pouvoir toujours compter sur le Dr Lentz pour l’épauler. « Il faisait cette activité tout seul, c’était colossal, tandis que maintenant nous sommes deux : en saison, je fais quatre ou cinq journées (et nuits !) par semaine, et il fait tout ce que je ne fais pas », précise le praticien. Car il n’en fait pas mystère, l’un des grands intérêts de Porquerolles étant la qualité de vie qu’on y trouve, il faut pouvoir en profiter. « C’est un parc naturel, c’est magnifique pour la nature et le sport… surtout hors saison », sourit-il.
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