« Ce n’est pas une personne qui vous reçoit ce soir, c’est une équipe, et au-delà, une institution dans sa globalité. » Lors de ses premiers vœux en tant que président du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), le Pr Stéphane Oustric a voulu donner le ton. Élu en juin 2025, successeur de l’ORL François Arnault, le généraliste toulousain a salué « l’unité affichée et retrouvée » de la profession et affiché son ambition : faire de l’Ordre la « maison commune de tous les médecins », proche des réalités du terrain, ouverte, moderne et pleinement engagée dans les enjeux de santé publique.
« Mon projet, c’est le médecin au centre du village »
Devant une salle attentive, le président a décliné ses trois priorités stratégiques. La première consiste à anticiper la place du médecin dans le système de santé à l’horizon 2040, afin de garantir un accès aux soins sécurisé et un parcours coordonné sur l’ensemble du territoire, y compris « insulaire et ultramarin ».
Deuxième priorité : la tolérance zéro face aux violences, qu’elles soient subies par les médecins ou commises par des médecins. « Il est inacceptable qu’un médecin puisse être atteint dans son intégrité physique alors qu’il exerce au service des autres », a martelé le Pr Oustric. Cette politique passe notamment par la mise en œuvre de l’attestation d’honorabilité pour tous les médecins et par le renforcement de l’action pénale de l’institution ordinale, avec la création de la cellule d’intervention juridique, disciplinaire et pénale (CIJDP). « C’est une aide constante et permanente pour les conseils départementaux », a-t-il précisé.
Dernière priorité : la modernisation de l’Ordre à tous les échelons – départemental, régional et national – avec pour objectif de répondre aux sollicitations des médecins dans un délai maximal de trois semaines.
Dérive gestionnaire du PLFSS
Tout en saluant la présence de Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé, le président du Cnom est revenu sur les mois écoulés, marqués par une séquence institutionnelle tendue autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. « Nous avons tous été mal à l’aise », a-t-il reconnu.
L’Ordre a alors alerté « solennellement tous les acteurs » face à une « tentative de dérive gestionnaire » susceptible de fragiliser l’équilibre du système de santé, fondé sur la confiance entre patients, citoyens, médecins et institutions. « Grâce à la mobilisation collective de la profession, nous avons réussi à repousser momentanément l’effroyable perspective qui nous était promise, mais nous devons rester vigilants », a averti le Pr Oustric.
Un livre blanc écrit par les médecins
Pour l’avenir, le Cnom mise sur une démarche collective inédite avec la rédaction du Livre blanc 2027, présenté comme un document « écrit par les médecins et pour les médecins ». Celui-ci sera nourri par des forums départementaux et régionaux, puis harmonisé au niveau national. Des assises se tiendront le 18 mars au Conseil national, tandis qu’une enquête nationale sera lancée auprès des 330 000 médecins afin d’enrichir le contenu.
Le Livre blanc sera ensuite présenté lors de l’assemblée générale du Cnom, le 27 septembre, en présence des représentants syndicaux et professionnels. « Ils viendront nous expliquer leur programme santé. Il n’y aura pas d’envoi de document : ce sera un échange », a précisé le président.
En conclusion, le Pr Oustric a salué l’engagement des 4 000 conseillers ordinaux et des 600 collaborateurs de l’institution, avant de réaffirmer son appel à l’unité : « L’Ordre des médecins est aujourd’hui présent sur tous les fronts, sans concession ni détour. »
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