Si les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) espéraient une année faite d’accalmie, ils se sont trompés. Une fois leurs révisions et leurs concours terminés, le soulagement a été de courte durée. Le 31 janvier, les résultats des épreuves de vérification des connaissances (EVC) de 2024, sésame obligatoire avant une régularisation pleine et entière, tombent : alors que 3 749 postes étaient ouverts aux médecins – toutes spécialités confondues –, seuls 3 044 candidats sont lauréats. Ces 20 % des postes non pourvus provoquent l’incompréhension et l'ire des syndicats et des associations de défense des Padhue.
Face à ces incohérences administratives, plusieurs dizaines de praticiens montrent alors leur mécontentement dans la rue, pancartes à la main et blouse blanche sur le dos. Face à la pression, Yannick Neuder, alors ministre de la Santé de François Bayrou, promet de simplifier réglementairement ces concours.
C’est chose faite le 29 mai. Le cardiologue signe deux décrets : l’un permet la création d’une voie externe et surtout d’une voie interne pour les praticiens déjà en poste avec une autorisation temporaire d’exercice ou dans le cas d’un exercice d’au moins deux ans à temps plein en France sur les trois dernières années ; l’autre adapte le parcours de consolidation de compétences (PCC, seconde étape après les EVC) afin d’accélérer l’obtention de l’autorisation d’exercice. « Nous tenons parole, a affirmé le ministre sur le réseau social LinkedIn. Conformément à mon engagement, les textes permettent désormais de mieux prendre en compte l’expérience acquise en France » pour les Padhue. Les EVC nouveaux sont nés. Pour chacune des deux voies fraîchement créées, un jury national est chargé de l’élaboration des sujets et de la correction des épreuves. Les candidats s’inscrivent donc dans l’une des deux listes au cœur de l’été pour des examens qui se tiennent de décembre 2025 à janvier 2026.
Des résultats sous haute tension
Mais les Padhue de la promotion précédente n’ont pas dit leur dernier mot ! La voix de la contestation est celle du Dr David Abdelhalim Bensaidi, président du collectif Ipadecc. Ce praticien attaché en diabétologie conteste la décision du Centre national de gestion (CNG, ministère) de le recaler des EVC 2024, qu’il a tenté dans la spécialité de médecine générale. Il saisit la justice, évoquant une rupture d’égalité entre les candidats des listes A (celle dans laquelle il a postulé, ouverte à tous) et B (réservée aux réfugiés, apatrides et bénéficiaires de l’asile territorial). Surprise : le juge des référés lui donne raison et ouvre la voie à une jurisprudence dans laquelle s’engouffrent les avocats des Padhue.
Pour le CNG, c’est l’hallali. L’organisateur des concours se voit contraint de revoir sa copie et de trouver en quelques semaines des postes dans les hôpitaux pour 377 praticiens ayant échoué au concours de 2024 et finalement repêchés.
Une gageure pour la tutelle, d’autant que se joue en parallèle le sort de plusieurs dizaines de Padhue eux aussi lauréats des EVC 2024 mais sur listes complémentaires. Jusqu’au bout, tous auront cru obtenir une affectation leur permettant de continuer leur formation jusqu’à la régulation. Las ! Sur les 638 lauréats dans l’attente, 74 restent sur le carreau, faute de postes disponibles, et apprennent le 1er décembre qu’ils doivent repasser le concours s’ils veulent un jour sortir de la précarité administrative et financière.
Aux premières loges de l’ascenseur émotionnel de leurs confrères de la session 2024, les candidats de l’année 2025 ont entamé leurs épreuves le 2 décembre. Seront-ils autant sources de tumultes réglementaires ?
Fin de vie : les députés adoptent la proposition de loi sur l’aide à mourir
Aide à mourir : les députés adoptent la clause de conscience et le délit d’entrave, le vote solennel reporté
Aide à mourir : les députés votent à nouveau pour pouvoir déléguer l'acte au soignant
Dépistages organisés des cancers : les plus modestes y recourent moins souvent