Agnès Buzyn devrait recevoir bientôt des représentants de la Société française d'ophtalmologie, qui s'alarme des blessures oculaires lors des manifestations de Gilets jaunes. La ministre de la Santé l'a annoncé elle-même ce jeudi sur Europe 1.
« C'est un problème spécifique dont je souhaite discuter avec la Société française d'ophtalmologie », a-t-elle indiqué. « Je vais les recevoir parce qu'ils m'ont alertée sur beaucoup de blessures à l'œil. Ce problème-là, spécifique, je vais le regarder avec eux. »
La veille, dans une tribune publiée mercredi sur Mediapart et accompagnée d'une pétition, une centaine de personnalités avait appelé Agnès Buzyn à « lever le voile » sur le nombre de blessés, manifestants ou forces de l'ordre, hospitalisés depuis le début du mouvement.
Choqués par le silence
Parmi les signataires de la tribune, dont le journaliste Edwy Plenel, l'écrivaine Annie Ernaux, l'acteur Swann Arlaud, des syndicalistes, des sociologues, s'indignent des blessures, parfois irréversibles, causées notamment par l'utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD), et se disent « choqués » par le « silence » de « l'administration de la santé publique ».
« Les hôpitaux reçoivent tout le monde, sans trier et sans ficher », a-t-elle répondu ce jeudi. « Un médecin, un urgentiste qui soigne un malade va connaître sa blessure mais ne va pas identifier s'il est un Gilet jaune, un membre des forces de l'ordre ou même un passant qui a couru et s'est blessé. »
Et d'ajouter : « Connaître le nombre de personnes hospitalisées qui seraient soit Gilets jaunes, soit forces de l'ordre, ce n'est pas comme ça que les hôpitaux fonctionnent et je ne demanderai jamais aux soignants de ficher les malades qui arrivent. »
Dans une pétition lancée il y a près de deux semaines, un chirurgien du CHU de Besançon avait interpellé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, pour l'alerter sur la gravité des blessures provoqués par les lanceurs de balle de défense et demander un moratoire sur l'utilisateur des armes sub-létales. Ce jeudi, plus de 150 000 personnes avaient signé ce texte.
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